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«voulut s’entourer des renseignements les plus précis et des éléments de jugement à la fois les plus nombreux et les plus incontestables. Une commission de sept membres, formée de MM. Devergie, médecin de l'hôpital Saint-Louis ; Guérard, médecin de l'HÔtel-Dieu ; Boutron, membre de l'Académie de Médecine ; Trébuchet; et Vernois, médecin de l’hôpital Necker, rapporteur, fut chargée de visiter personnellement toutes les crèches situées dans le département de la Seine. Le Conseil demanda aux commissions spéciales d'hygiène instituées dans les arrondissements un rapport sur l’état de chaque crèche depuis sa fondation ; et c’est dans ses renseiments, recueillis et dépouillés avec le plus grand soin, comme dans ses propres investigations qu'il a puisé les éléments de sa réponse ». Le rapport du D’ Vernois, émettant un avis des plus favorables à l'institution des crèches, fut adopté à l'unanimité par le Conseil en date du 13 mai 1853. Ce rapport très élogieux, se terminait ainsi : (... Le sentiment unanime de la commission, que le bon sens et la seule raison auraient pu inspirer, emprunte une plus grande valeur aux circonstances dans lesquelles il s’est manifesté. C’est après la visite de toutes les crèches, c’est sous l'impression vive et récente de ce que chacun des délégués du Conseil venait d'observer, qu'ils ont voulu consacrer par leur vote l'utilité incontestable des crèches. Le Conseil, Monsieur le Préfet, pour être logique, pour être juste, et pour confirmer les éloges mérités qu'il a plus d’une fois accordés à l’adminis-
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tration des crèches dans le cours de ce rapport, ne saurait mieux le terminer qu'en faisant des vœux pour que la Société qui les dirige soit mise légalement en mesure de pouvoir puiser aux sources les plus naturelles et les plus fécondes de la charité privée. »
Le Conseil de surveillance de l’Assistance publique nomma, comme la première fois, une commission chargée d’éxaminer la demande formulée par ‘a Société des Crèches ; cette commission était composée de MM. de Pastoret, Lepelletier d’Aunay, Monod, Varin et le D: Ségalas, rapporteur. Ce dernier déposa son rapport dans la séance du 26 mai 1853; ce rapport était sensiblement la répétition de celui du 27 décembre 18/9 ; il se terminait d'’ailleurs ainsi : (Ce que M. le comte Lepelletier d’Aunay vous disait il y a quatre ans, nous vous le redisons aujourd'hui, bien à regret, mais avec une entière conviction et le sentiment profond d’un grand devoir à remplir. Votre commission vous propose, Messieurs, de persister dans votre première conclusion et d'émettre l’avis qu’il n’y a pas lieu, quant à présent, de reconnaitre la Société des Crèches comme établissement d’utilité publique. »
La Commission municipale, comme la première fois, homologua la décision du Conseil de surveillance, et malgré l’avis, si favorable cependant, du Comité d'Hygiène publique et de Salubrité,la demande formulée par la Société des Crèches fut ajournée une fois de plus.
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Ainsi ce fut au sein de l’administration de l’Assistance publique, que la crèche trouva ses ennemis. Il apparaît comme évident, que le principal mobile qui faisait agir ces derniers était la crainte de voir l'institution nouvelle entrer en partage des fonds destinés à l’assistance ; dès lors, pour écarter la demande de reconnaissance officielle présentée par la Société des Crèches on crut bien faire de jeter la suspicion et le discrédit sur l’œuvre tout entière.
LES DÉFENSEURS DE LA CRÈCHE RÉPONDENT A SES DÉTRACTEURS. — Marbeau et ses collaborateurs n’eurent pas beaucoup de peine à réfuter les critiques formulées contre la crèche car elles ne reposaient sur aucun fondement sérieux et la plupart d’entre elles constituaient des allégations manifestement erronées. Ce fut d’ailleurs la haute situation des détracteurs, mais nullement la valeur de leurs arguments qui, pendant quelques années, tint la crèche en échec.
Collectivement, le Conseil d'administration de la Société des Crèches fit paraître une réponse aux détracteurs ; M. d'Escodéca de Boisse, membre de ce conseil, publia deux brochures dont l’une intitulée Les Crèches de Paris était la réputation détaillée et complète du rapport de M. Lepelletier d'Aupay, et l’autre intitulée Z’Assistance publique et les Crèches était la réfutation du rapport du docteur Ségalas ; M. le comte de Lyonne, les docteurs Siry et Reis, tous les deux médecins de crèches, et bien d’autres encore, prirent une part active à la polémi-
que engagée (1) ; le père Lacordaire lui-même, du haut de la chaire, répondit éloquemment aux adversaires de la crèche (Sermon prononcé à Saint-Roch le 28 décembre 1850 et publié dans la Tribune Sacrée en 1851).
Les défenseurs de la crèche n’eurent jamais la prétention de prouver que leur œuvre était exem pte de défauts, — il n’est pas d'institution parfaite, — mais ils voulurent faire justice des exagérations et des erreurs contenues dans les critiques ; ils y réussirent d’ailleurs pleinement. Les réfutations restèrent sans réplique et la lutte se termina par le triomphe de la crèche.
LES ATTAQUES CONTRE LA CRÈCHE ENTRAVENT PEN- DANT QUELQUES ANNÉES LE DÉVELOPPEMENT DE L'ŒUvVRE. — Les attaques contre la crèche publiées dans les rapports des commissions officielles, discutées dans les séances publiques du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, reproduites et commentées dans la plupart des journaux, ne furent pas sans produire un effet préjudiciable à l’œuvre.
Malgré tous leurs efforts, les défenseurs de la crèche ne purent empêcher le doute de se glisser dans l'esprit de certaines personnes charitables et Îles dons diminuèrent ; les crèches n'étant soutenues que par la charité privée, les .conséquences ne tar-