T. A K 11 OU AN N KHI
et on sut aussi que le corps du bachagha avait été tout de suite transporté à la Qalaa des Beni-Abbès.
En 1874, sur la rive droite de l'Oued-Soufflat, en face le coudiat El-Mesdour, qui surplombe la rive gauche d’une soixantaine de mètres, le colonel Trumelet fit placer une pierre commémorative portant gravée l’inscription suivante: « ici tomba, mortellement « frappé par les balles du 4e zouaves, le 5 mai 1871, le bachagha de la « Medjana, El-hadj-Mohammed-ben-el-hadj-Ahmed-el-Moqrani, chef « de l’insurrection. Commandant de la colonne, général Cérez; com- « mandant de la subdivision d’Aumale, lieutenant-colonel Trumelet. »
Par contre, à la Qalaa des Beni-Abbès, la tombe du bachagha n’offre rien de particulier; il n’y a ni construction ni inscription; seule la dimension du chahad 1 de la tète, qui est une lamelle fruste de pierre schisteuse, est plus grande que celle des pierres des sépultures voisines2.
1. Une sépulture musulmane, pauvre ou riche, a toujours deux pierres levées, la plus grande à la tête, la plus petite aux pieds; ces deux pierres se nomment choualied au pluriel, et chacune d’elles chahacl témoignage).
2. Le 13 décembre 1889, l’auteur parcourait à Qalaa le cimetière des Ouled- Moqrane; il fut frappé de l’état d’abandon et de délaissement de cette tombe qui n’est jamais visitée. Moins de vingt ans ont suffi pour faire, oublier aux gens de Qalaa leurs anciens seigneurs, auxquels ils ont été inféodés pendant quatre siècles.