‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 105 sur 202 · LA MORT DU B A C J3 A G II A · texte numérisé non relu

LA MORT DU B A C J3 A G II A

ravin, débouchent tout à coup et menacent de couper les chasseurs. Le colonel Trumelet fait lancer quelques obus dans cette direction et envoie deux compagnies de zouaves prendre position sur le Dra-el- Taga. De ce point, qui domine les' environs, les zouaves exécutent des leux de peloton sur un groupe qui, à 701) mètres de là, vient de gravir le coudiat El-Mesdour, situé en contre-bas.

Dans ce groupe était le bachagha, que ses amis avaient forcé à revêtir un bernous gris pour l'empècher d'être distingué par la blancheur de ses vêtements; il avait mis pied à terre pour faire ses dévotions, et, sa prière terminée, immobile à quelques pas îles siens, il inspectait le terrain.

Soudain une balle le frappe entre les deux yeux1; il murmure le début de la profession de foi du musulman: « La ila ilia Allah... il n’y a de divinité qu’Allah », et il tombe prosterné, le front touchant le sol.

Dans son entourage on croit d’abord qu’il fait une nouvelle prière; mais, ne le voyant pas se relever, on finit par s'approcher, et on le trouve mort.

Trois des siens sont tués en enlevant son corps.

11 n'y eut alors ni cri ni bruit; seulement le feu cessa tout à fait et le corps fut enlevé sans que ce jour-là personne dans la colonne se doutât de la mort du chef de l’insurrection.

Le général Cérez, qui, dans cette rude matinée, avait eu deux hommes tués et quinze blessés, installa son camp sur le Dra-bel-Kheroub, un peu surpris du calme qui régnait autour de lui et de l'absence de coups de fusil ; des reconnaissances envoyées dans l'aprèsmidi pour razzer et incendier les villages voisins ne rencontrèrent que le vide2.

Le 6, il apprit d’abord que le bachagha avait été grièvement blessé; des gens se disant bien informés ajoutaient que c’était par un éclat d’obus. Puis arriva une lettre de l’agha Bouzid, mieux renseigné par trois de ses gens qui, faits prisonniers par Moqranî le 2 mai, venaient de s'échapper en profitant du désarroi général causé chez les rebelles par la mort de leur chef. On eut, par eux, des détails précis,

I. Voir dans la Revue africaine, année 187), page 474, un article du colonel Trumelet, qui dit que le bachagha fut tué d’une balle qui l’atteignit à la gorge. Le rapport du général Cérez dit : « d’une balle entre les deux yeux ■>. Cette dernière version est la plus répandue, elle m’a été affirmée par des indigènes en situation d’être bien renseignés : d’après eux, « la balle, tirée de haut en bas, a pérîétré entre les deux yeux et est sortie par le bas du cervelet ».

La suite des opérations de la colonne Cérez se trouve au livre 111, chapitre n : Autour du Hamza.

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