‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 114 sur 202 · AUTOUR DU II A M Z A · texte numérisé non relu

AUTOUR DU II A M Z A

leur arriver en roule du fait de ses ennemis' personnels. Le capitaine Auger affirma le dire de Si-Saïd , et on convint qu’une escorte de 50 chasseurs d’Afrique irait chercher les colons à 1 kilomètres de là, sur le marché des Aït-Khalfoun. Ce qui fut fait immédiatement.

Les 40 survivants arrivèrent dans la journée, avec le marabout Si-el-Haoussine-ben-Abdelkader, qui avait aidé Si-Saïd à les héberger, et avec tous les notables des Ihazzamène, qui furent les premiers à se soumettre.

Nos malheureux compatriotes étaient clans un dénuement extrême; ils furent l’objet des soins empressés et affectueux de tous les officiers et soldats de la colonne.

Le lendemain 14, Si-Saïd-ou-Ali et le caïd insurgé des Harchaoua, venu avec lui, s’engagèrent à faire rentrer leurs tribus dans le devoir et à repousser les insurgés qui tenteraient de les attaquer. Saïd-ou-Ali se chargeait en outre de ramener les Beni-Maned; le général, avec sa vieille expérience des indigènes, savait qu’on pouvait .se fier aux promesses intéressées de ces deux hommes, qui nous avaient combattus avec acharnement, mais sans haine. Il laissa donc les choses en l’état, partit le 15 mai pour Aumale, et s’arrêta le soir au village des Fresnes.

Le 16 au matin, les victimes de Palestro montaient en voiture, emportant, pour subvenir à leurs premiers besoins, le produit d’une collecte faite en leur faveur à la colonne. Avec eux partaient, sous escorte, les otages et les prisonniers livrés par les tribus soumises et dirigés sur Alger.

Le 17, le général Cérez rentrait à Aumale; il y trouvait un rapport par lequel le capitaine Mas, chef de l’annexe des Beni-Mansour, lui rendait compte de la situation de ce bordj, du 6 au 14 mai.

Les Aït-Abbès, qui sont des armuriers renommés, avaient réussi à fabriquer une espèce de canon en bois et en fer avec lequel ils avaient pu envoyer jusqu’à 15 projectiles en fer, dont l'un avait effondré le toit de l’infirmerie du bordj. Ils avaient aussi construit un chariot blindé avec des madriers et s’en étaient servis, sans succès, pour essayer de saper les murs du fort.

Le 6 mai, pendant que tous les amis des Ouled-Moqrane assistaient à Qalaa aux obsèques du bachagha, les défenseurs du bordj de Beni-Mansour avaient fait une sortie avec les Mokhaznya et les hommes de la 2e compagnie de discipline. Ils avaient surpris le poste des rebelles chargés du blocus, leur avaient tué 11 hommes, en

LES ECHECS DE LA COALITION

avaient blessé 20 autres, et n'avaient eu eux-mêmes que 3 blessés1.

Cet heureux coup de main avait donné neuf heures de liberté aux défenseurs du bordj. qui en avaient profité pour remplir leur citerne.

Le 9 mai, le capitaine Mas avait fait partir les familles des indigènes réfugiés dans le fort, et qui avaient facilement obtenu l’anaya des insurgés pour leurs femmes et leurs enfants. Aux Beni-Mellikeuch, les « têtes» du soffFougani, Saïd-Naït-Amara et Belaïd-ou-Chichour, dlrzar-ou-Gantour, Mohammed-ou-Saoula des Ouled-Ali, Si-Mohammed-Chérif-ben-el-hadj d’Ayacha2 3, étaient hostiles à Moqrani et aux khouans; et, bien qu’en minorité dans leur tribu insurgée, ils furent de précieux auxiliaires pour la garnison de Beni-Mansour. Aux Beni- Abbès, tout le soff de Hamou-Tahar, celui des Beni-Ayal à Tazaert et à Azrou, le chikh de Tigrine, Bachir-ou-Kaba de Boudjellil, quoique plus timorés et plus circonspects, étaient dans les mêmes dispositions : car tous leurs parents étaient dans nos villes, et les Beni-Abbès sont plus commerçants que guerriers 3. Quatre hommes seulement chez eux s’étaient franchement révoltés : les deux frères Djeraba et Mohammed-Salah-ould-Boudda de Qalaa, anciens serviteurs et intendants de la famille des Ouled-Moqrane ; et avec eux deux moqaddems des Rahmanya Chikh-Naceur-ben-el-Ouquil de Takoralt et Mohammed-ou-Bouda d’Ighil-Ali.

Dans les tribus de l’annexe de Beni-Mansour, la situation était la même, nos partisans étaient nombreux; beaucoup avaient demandé à s’enfermer dans le bordj; faute de place on n’avait pu les recevoir, mais ils nous continuaient leurs bons offices, et plusieurs d’entre eux furent plus tard razzés ou malmenés par les chefs insurgés en raison de leur dévouement à notre cause.

Aussi Boumezrag avait-il cru nécessaire de détruire la mauvaise impression faite sur ses partisans par la sortie du 6 et par la protection donnée dans les tribus aux familles de nos auxiliaires. Il était donc venu camper, le 11 mai, non loin du bordj, à l’azib de Amarou-Messaoud, son factotum. Il était accompagné de ses cousins Mo-

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