Voir livre II, chapitre u : Sétif, page
LES ECTIECS DE I. A COALITION
parmi lesquels El-hadj-Bourabla-ben-Djaballah, des O. -Salem, Messaoud-ben-Ismaïl, Mohammed-ben-Ali-ben-Aberkani , Ismaïl-ben-Bacbir-ben-Bouzid , des Ouled-Aziz; Ahmed-ben-Embarek , cheik des Bcni-Zoundaïe ; puis aussi les moqaddems Belgacem-ben-Kerrouch, Saïd-ben-Belgacem , du Babor; et enfin son beau-frère Amor-Bouaraour, moqaddem principal du Tababort l.
Avec ces éléments et une forte saga de khouans, il espérait soulever les tribus du Babor, et surtout surprendre le bordj où résidait le caïd du pays, Belgacem-Benhabilès, ancien spahi, dont le dévouement à la cause française était de notoriété publique.
Celui-ci était sur ses gardes; il avait mis son bordj en état de défense et avait appelé à lui ses parents et sa fraction d'origine, les Beni-Foughal de Djidjelli, que commandait son frère le caïd Arnor- Benhabilès.
Dès que la troupe d’Aziz lui fut signalée par ses chouaf2, il marcha sur elle en bon ordre, et le fils de Ben-Haddad, voyant son plan éventé, esquiva le combat et reprit le chemin de Sétif.
En route, Aziz lança vers l'Oued-Deheb, dans la direction de Sainl- Arnaud, une partie de ses contingents, et, avec le reste, il se mit en mesure de surprendre le village d’El-Ouricia, ou tout au moins de razzer les Ouled-Adouane, restés fidèles. Mais, le 5 mai, il trouvait les
1. Le massif du Babor a pour point culminant une montagne à deux sommets : le Babor, qui a 1,970 mètres, le Tababort, qui a 1,905 mètres. Autour et au-dessous de ces deux points sont de nombreuses et minuscules tribus, pauvres, sauvages et arriérées, mais laborieuses et nullement méchantes. Indépendantes avant l'occupation française, elles ont souvent modifié leur groupement. Depuis la conquête elles ont été toujours fort négligées, car elles sont d’accès difficile. Jusqu’en 1864 elles sont restées abandonnées aux mains du chikh héréditaire du Ferdjioua Bouakkaz-Benaehour, qui était incapable de les diriger et encore moins de les administrer, bien qu’il eût quelques partisans chez les Richia.
Après 1864 on a groupé ces tribus en deux caïdats : celui du Babor, relevant de Takitouut, et celui du Tababort, relevant de Djidjelli.
Celui du Babor comptait 24 chikhats ou petites fractions formant en tout une population de 12,337 Qbaïls: il fut confié à un spahi originaire des Beni- Foughal, Belgacem-Benhabilès, dont le général Desvaux avait apprécié les rares qualités intellectuelles et physiques. — (On trouvera au chapitre suivant une note donnant des détails sur cette famille.)
Le caïdat du Tababort, formé surtout des tribus regardant la mer, avait été confié à Mohammed-ben-Bouaraour (frère du moqaddem Amor, dont il est parlé ici). A cette époque Mohammed-Bouaraour était caïd d’un petit groupe portant déjà le nom de caïdat du Tababort et ne comprenant que deux tribus : les Alem elles Larba; on y ajouta les Beni-Marmi, Ouled-Ali, Ouled-Nabet (du Tababort), Aït-Achour, Beni-Maad, Beni-Bezèze et la moitié nord des Bcni-Zoundaïe (Dahra), ce qui lui fit 6,060 habitants à administrer.
2. Chouaf, espions, vedettes, éclaireurs, vigies ; le sens propre est « voyants ».
environs du village occupés par les goums des Ameur-Guebala et des Dehemcha ayant à leur tête les deux caïds Douadi-ben-Keskès et Zerroug-ben-lllès. Aziz essaya d’abord de gagner ces caïds en leur écrivant à deux reprises différentes pour les rallier « à la cause de l’Islam et leur rappeler leurs devoirs de musulmans ». Sa première lettre resta sans réponse, la seconde ne lui attira que des injures et la promesse de coups de fusil s'il avançait. Le combat ne tarda pas à s’engager avec un égal acharnement des deux côtés. Nos goums eurent 27 hommes hors de combat et ne purent empêcher Aziz de razzer les troupeaux desOuled-Adouane et de vider leurs silos. Ce résultat obtenu, Aziz n’essaya pas d’attaquer le village d’El-Ouricia,que couvraient nos caïds; il resta sur ses positions, et tirailla mollement contre nos gens réduits à la défensive. En ce moment, le caïd Zerroug-ben-Henni-ben- [ liés, blessé à la jambe d’un coup de feu, rentrait au galop à Sétif se faire panser et rendre compte de la situation dangereuse des villages d’El-Ouricia et de Firmatou.
Sur ce rapport, le colonel Bonvalet, d'accord avec le maire, dirigea vers ces deux villages les quelques soldats dont il pouvait disposer, la compagnie des francs-tireurs et enfin le goum du territoire civil, confié pour la circonstance au lieutenant Ahmed-ben-Zidane , caïd du Guergour.
Le samedi fi mai, nos goums se battirent encore pendant plusieurs heures en avant d’El-Ouricia, blessèrent quelques hommes des contingents d’Aziz et leur tuèrent plusieurs chevaux.
S’apercevant que le combat n’était soutenu que par l’arrière-garde d’Aziz, le caïd Douadi-ben-Keskès, se rappelant les menaces proférées pendant le combat au sujet du pillage de ses silos, se rendit, avec le caïd Ben-Zidane, à la zmala d'Aïn-Abessa, autour de laquelle il avait des troupeaux et des grains.
Il ne s'était pas trompé dans ses prévisions : le lendemain dimanche, 7 mai, les contingents d’Aziz, encore grossis depuis la veille, s’avançaient sur les terres de la zmala.
11 ne restait à la caserne qu’une quinzaine de spahis sous le commandement du capitaine Thouvey, à qui on avait donné, pour défendre les bâtiments, une section du. 78e de ligne. Douadi-ben-Keskès, Ben- Zidane, El-hadj-Bouakkaz ', soutenus par les 13 spahis, se portèrent à la rencontre des rebelles; mais, trop peu nombreux, ils furent ramenés et eurent plusieurs blessés, dont un brigadier. Aziz put meme s’avan-
1. Le nouveau caïd donné aux Ouled-Nabet par le général Saussier.