Tribu des Amechra (dit souvent, mais à tort : Mechtra
LES ÉCHECS HE LA COALITIO.N
Le général Cérez lui répondit que la seule chose qu'il pouvait, lui promettre était la vie sauve tant qu'il resterait entre ses mains, mais qu’au gouverneur seul appartenait le droit de prendre des engagements quelconques.
Quelques heures après, accompagné du moqadclem Amar-ben- Àhmed des Aït-Mendès, El-hadj-Mahmecl-el-Djaadi, toujours grave et solennel, arrivait à la tente du général et plaidait, non sans habileté, les circonstances atténuantes de sa défection : « Nous avions cru la France morte; nous savions qu'un grand juif gouvernait ce qui restait d'elle; nous ne pouvions, nous, gens de l’Islam, obéir à, un juif. »
Mahmed-el-Djaadi fut traité avec certains égards, en raison de son passé et de son caractère; et cet accueil fit un excellent effet. Dans la journée, toutes les tribus des Igouchdal (sauf trois)1 et toutes celles des Aït-Setka (sauf deux)2 3, vinrent au camp faire leur soumission el livrer leurs otages.
Les Abid, Imzliouène et Iflissène accomplissaient de leur côté les memes démarches auprès du commandant supérieur de Dra-el- Mizane.
Le 10 juillet, le général campait à la zaouïa de Sidi-Abderrahmane- Bou-Gouberine, près du tombeau du saint musulman.
Préférant les résultats pratiques aux démonstrations inutiles, il lit respecte)' le tombeau miraculeux et la zaouïa. Comme nous étions les plus forts, et que les bâtiments abandonnés étaient à notre discrétion, cet acte de bonne politique fut compris et apprécié des indigènes. Mahmed-el-Djaadi, reconnaissant, s’employa a inviter les Aït-Setka, soumis de la veille, à réunir leurs contingents et à réduire au besoin, par la force, les villages encore récalcitrants des Ait-Chebla el des Aït-Irguène, ce qu'ils exécutèrent de bonne grâce, désireux de plaire à la fois au général et à leur moqaddem.
Deux fractions des Aït-Goufi s, les Aït-Irzar-Nechbel et lesAït-Ali, refusèrent cependant de se soumettre aux conditions imposées, comptant sur lu situation de leurs villages, qu'ils croyaient inabordables