‹ Histoire de l'insurrection de 1871 en AlgérieChapitre 137 sur 202 · DANS LE DJ U RD JURA · texte numérisé non relu

DANS LE DJ U RD JURA

pour une colonne, et dans lesquels s’étaient réfugiés les gens les plus compromis et le- plus exaltés. Ils avaient fait répondre qu'ils ne livreraient ni otages ni fusils. Un certain Mahmed-ben-Khoddech des Ihadriène, ancien amine-el-oumena de la tribu, etSlimane-ou-Amrane, tète de soff à Irzar-Necbebel, étaient les instigateurs de cette réponse.

11 fallut donc montrer aux Obaïls, que si nous savions être bienveillants envers les vaincus qui donnaient des gages de leur bonne volonté, nous étions assez forts pour dompter toutes les résistances. Pour ce faire, le 11 juillet, laissant ses bagages et les sacs au camp de Koubba-Sidi-Abderrahmane, le général marchait sur les villages rebelles avec 1,500 hommes d’infanterie, 0 pièces d’artillerie, de la cavalerie et des sagas.

La veille il avait donné ordre au colonel Goursaud, campé à Teniet-Djaboub, d’avancer sur les crêtes et de les occuper du côté de ces villages.

La résistance fut tenace et énergique, mais elle fut impuissante contre l’artillerie et contre l’élan de nos troupes : les villages furent enlevés, dévastés et incendiés.

Nous eûmes 2 zouaves tués et 11 blessés, dont 2 officiers contusionnés.

Le 12, les Aït-Goufi, au complet, vinrent faire leur soumission; le 13, les Aït-Ghedrane suivirent leur exemple avec une portion des Ait Addou.

Le 14 et le 13, ce furent les Aït-Irguène et les Aït-Chebla qui, cédant enfin à la pression des Aït-Setka, livrèrent leurs otages.

Il ne restait plus encore insoumis, dans le cercle de Dra-el-Mizane, que deux villages des Aït-bou-Addou : les Aït-Maallem et les Ai t-Djima , excités par l’amine-el-oumena Mohammed-Naït-Moussa et par les notables Saïd-Naït-Taleb , Amer-Naït-el-llichem , El-hadj-Mohammed- Amedjkane, etc.

Nos troupes étaient exténuées, la chaleur écrasante. Le général Cérez, utilisant les offres de service des tribus nouvellement soumises et s’inspirant d’un précédent dont il avait été témoin en 1859, établit un tour de service entre toutes les tribus du cercle pour qu’elles aient à entretenir, sur des points qu'il choisit, des contingents armés formant blocus autour des villages jusqu'à complète soumission.

Ce procédé réussit parfaitement, et les deux villages faisaient leur soumission, à Dra-el-Mizane, le 20 juillet, le lendemain du départ du général qui, après être resté trois jours sous les murs de cette ville, en était parti le 19.

LES ÉCHECS DE LA COALITION

Il ramenait prisonniers à Aumale les principaux personnages compromis dans l'insurrection, entre autres le caïd des Ne/dioua Ali-ben- Telaache et ses frères. Le général l’avait remplacé à la tête de cette tribu par le vieil El-hadj-Ahmed-ben-Belgacem des Beni-Smaïl, ancien chaouch et ancien cavalier de Beauprêtre.

C’était un homme qui, depuis les débuts de I insurrection, n avait cessé de nous donner des preuves de son dévouement et de son intelligence, et qui justifia la confiance du général.

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