LA REDDITION DE CHIKH - EL - HADD AD
(14 juin -13 juillet.)
Rentrée à Coudiat-el-Beïda des détachements de la colonne Saussier (14 juin . — Camp de Ras-Bouchama (16 juin). — Première attaque de nuit (17 juin). — Démarches insidieuses des Amoucha; deuxième attaque du camp (18 juin). — Les Ouled-Bouchenak attaqués au Djebel-Matrouna ; sortie du poste de Mahouane (18 juin). — Combats et occupation de Dra-el-Caïd (19 juin'). - Sortie et escarmouches chez les Ouled-Saada (20 juin). — Combat des Bcni- .Meraï (21 juin). — Combat de Tala-Ifacène (23 juin). — Prise des villages des Djermouna (20 juin). — Soumissions dans la montagne. — Combat de Qsarettir (20 juin). — Démarches d’Ahmed-Bey (23 juin). — Offres de soumission des Ouled-Illès (29 juin). — Réponse du gouverneur. — Reprise des hostilités au sud de Sétif (29 juin). — Canonnade de Qsarettir (2 juillet). — Destruction du bordj d’Ahmed-Bey (3 juillet). — Bougie débloqué par une sortie de la garnison (30 juin). — Prise d’Aguemmoun des Mezaïa par le colonel Ponsard (1er juillet). — Soumission de chikh Mahmed-ben-Chikh-el-Haddad; épisode de Saïd-Ouraba (2 juillet). — Talcitount débloqué (3 juillet). — Nouvelles soumissions dans la montagne. — Attaque de nuit à Dra-el-Caïd (5-6 juillet). — Atlitude de Chikli-el-Haddad et résistance des moqaddems. — Lettre de Boumezrag aux Beni-Dj elli I . — Conférences enlrc Boumezrag et les moqaddems. — Razzias de Boumezrag sur les Beni-Dj ellil (9 juillet). — La colonne Saussier campe à Tala-Ifacène (9 juillet). — Combat de Dra-el-Arba 12 juillet). - Lettre de Chikh-el-Haddad. — Soumission et arrestation de Chikh-el-Haddad à Merdj-Oumena (13 juillet). — Attitude de nos auxiliaires indigènes à son égard. — Fin de la coalition.
Après avoir organisé le djehad dans le nord du Babor, nommé les principaux chefs, confié la direction de la lutte contre Djidjeli aux moqaddems El-Koreïchi-ben-Sidi-Sadoun et Amor-Bouaraour, A/.i/. était rentré aux Amoucha dans les premiers jours de juin ; c’était à sa présence qu’il fallait attribuer l’âpreté et l’énergie de l’attaque du 13 juin à Aïn-Gaouaoua.
Le général Saussier, instruit de ce retour, avait hâte de reprendre
LES ECHECS HE LA COALITION
l’offensive. 11 dut cependant, à son camp de Coudiat-el-Beïda, laisser reposer, le 13, les troupes arrivées la veille du Mesloug et d’Aïn-Messaoud, et ce ne fut que le 16 qu’il put mettre sa colonne en marche vers le nord.
On alla ce jour-là camper non loin de Takitount, au pied du pic de Dra-Kalaoun, à Ras-Bouchama. Ordre fut donné de se retrancher et de couper les blés mûrs au milieu desquels on était installé, et qui auraient pu facilement être incendiés.
La première journée fut calme ; mais, le 17, à la tombée de la nuit, une vive fusillade était dirigée sur les quatre faces du camp. A dix heures, au moment où sonnait l’extinction des feux, l’ennemi s’élancait avec furie sur les grand'gardes, et particulièrement sur celle établie vers Dra-Kalaoun. Plus de la moitié des hommes passèrent la nuit occupés à aller renforcer les avants-postes. Trois soldats furent tués, douze blessés.
On pensa d’abord que les pertes de l'ennemi avaient été considérables, car, dans la journée du 18, il envoya des parlementaires faire des ouvertures de soumission. Quelques notables vinrent au camp offrir de payer telle contribution qu’on voudrait, mais sans fournir d’otages. Le général refusa de traiter sur ces bases.
A dix heures du soir, une nouvelle attaque avait lieu avec des contingents plus nombreux encore que la veille ; en plusieurs points, sur trois faces du camp à la fois, la mêlée fut très vive et le combat ne cessa qu’à une heure du matin. Nous avions 6 hommes blessés, dont deux mortellement; ces derniers étaient deux tirailleurs tués par une grand’garde vers laquelle ils avaient été envoyés maladroitement par le chef d’une autre grand’garde qui, manquant de munitions, avait cru pouvoir s’en procurer rapidement en s’adressant au poste le plus voisin.
Cette attaque montrait bien que les Amoucha n’avaient nulle envie de se soumettre. En réalité, ils n’avaient voulu que gagner du temps et éviter une sortie pendant qu’ils enterraient leurs morts, cérémonie sur laquelle les moqaddems comptaient pour exalter les esprits et entraîner ces malheureux paysans à de nouveaux combats.
Du reste, le matin même de ces pourparlers du 18 juin, un autre groupe de rebelles avait attaqué au Djebel-Matrouna les campements du Ü. Nabet restés fidèles (0. Bouchenak). Ceux-ci, écrasés par le nombre et ayant déjà subi de fortes pertes, s’étaient repliés sur le village de Mahouane, occupé par une compagnie du 3° tirailleurs. Le capitaine, pour protéger la retraite de nos amis, avait fait une sortie