Voir Introduction, page
LES DERNIERES LUTTES
dans la direction de Mila, et envoyait ses instructions au colonel Aubry, qui, campé à Sidi-Merouane, devait former sa deuxième brigade. Le goum du capitaine Yillot précédait cette colonne qui, en troupes régulières, avait un effectif de 3,500 hommes, presque tous anciens soldats.
Le 5 août, la brigade Aubry quittait Sidi-Merouane et formait l’aile droite de la colonne, qui marchait vers l’Oued-Endja, où Moulaï- Chekfa et Ben-Fiala étaient avec leurs nombreux contingents. Le général Delacroix eut avec eux, dans la journée, un engagement très vif sur l’Oued-Sedj, et il les battit si bien que, le soir, ils venaient au camp d’Aïn-Nekhela faire des offres de soumission.
Ce premier succès, qui fit grande impression dans la vallée de l’Ouedel-Kébir, était encore inconnu à la subdivision de Constantine quand avait été signé l'ordre d’abandonner Bounougha; sans quoi, il est certain qu’il n’aurait pas été donné.
Quoi qu’il en soit, les conditions imposées aux rebelles par le général Delacroix à Aïn-Nekhela, ayant paru trop dures, ne furent pas exécutées. Moulaï-Chekfa rallia les fuyards, se replia dans la montagne et prit position à Fedj-Beïnem, où il attendit une nouvelle attaque de la colonne.
Le 9, le général marcha, en trois colonnes sur cette position. Celle du centre et celle de gauche (commandée par le colonel Flogny) rencontrèrent une résistance énergique au point de Bahloul et au bois du Bardou, près le col de Beïnem; nos pertes furent sensibles, mais celles de l’ennemi étaient bien autrement graves. Les positions furent d’ailleurs enlevées avec beaucoup d’entrain, et les rebelles, culbutés, écrasés, furent rejetés dans l’Oued-el-Ouedia ;, près des villages des Beni- Ourtiar.
Ce rude et brillant combat n'amena aucune soumission ; Moulaï- Chekfa et Ben-Fiala reformèrent aussitôt leurs contingents chez les Beni-Khettab, et le général Delacroix, «voulant frapper de terreur les populations » et les amener à se séparer des deux moqaddems, brûla pendant trois jours les villages situés sur les deux rives de l’Oued- Itera.
Le 11, le goum et deux bataillons de tirailleurs incendiaient les gourbis et les meules de grain des O. Rabah, fraction des Beni-Khettab, qui essayèrent encore de se défendre.
Le 12, une autre sortie détruisait tout dans le Djebel-Errès, malgré