Écrit à tort sur beaucoup de cartes Melouza
2. Les O. Sidi-Brahim forment une tribu uiaraboutique ayant deux gros villages, Bemzouh et Eddis, dans lesquels ensilotent les nomades subissant la direction des personnages religieux habitant ces deux ksours.
LES DERNIÈRES LUTTES
plein succès; les rebelles furent débusqués de toutes leurs positions et laissèrent sur le terrain 12 cadavres, des tentes, des provisions et des animaux, dont le goum s’empara.
Le 10, le colonel Trumelet entrait, à six heures du matin, sous les palmiers de Bouçada, où l’attendait la population indigène, qui l’accueillit par une taraka 1 effrénée et des acclamations enthousiastes.
Le même jour, le général Cérez arrivait sans coup férir à Msila, dont les habitants faisaient leur soumission avec empressement.
La veille, Saïd-ben-Boudaoud avait en vain essayé d’organiser la résistance en s'appuyant sur les gens du quartier de Kouch qui, la première fois, lui avaient donné la ville. Il s’était heurté à un refus formel des habitants, qui appartenaient en majorité au soff des Ouled-Bouras, et à qui le voisinage de la colonne avait rendu un peu d’énergie. Ils s’étaient alors groupés autour de notre caïd, le vieux lieutenant de tirailleurs Ahmed-ben-Bahi, qui, luiaussi, regrettait son adhésion forcée à l'insurrection, et ils avaient signifié à Saïd-ben- Boiulaoud qu’ils se soumettraient au général. Le chef des rebelles avait alors lancé ses goums contre la ville, mais Ahmed-ben-Bahi avait pris ses précautions, et il les reçut à coups de fusil. Saïd-ben- Boudaoud n’avait pas insisté, et il était parti dans la nuit pour le Djebel-Madid.
Le général Cérez fit démolir le quartier de Kouch, arrêta vingt des principaux meneurs et prit des otages dans les autres quartiers, sans d’ailleurs rencontrer le moindre mauvais vouloir.
Le 14 août, le général et sa colonne quittaient Msila, et, en même temps, le colonel Trumelet partait de Bouçada avec les mobiles des Bouches-du-Rhône qui devaient rentrer en France.
De Msila, la colonne alla, par Boudjemeline, à Boudjila, dans le Djebel-Dreate. Le goum, soutenu par la cavalerie régulière, brûla sans résistance plusieurs villages rebelles et arrêta le chikh des Dréate, agent actif de Boumezrag. De tous les côtés, pendant sa route, le général reçut des soumissions de diverses fractions de l’Ouennougha ou du Ksenna, et il arriva, le 20, à Aumale, le même jour que le colonel
1. La taraka est la fantasia faite par des piétons pour célébrer une fête ou honorer quelqu’un. Elle consiste en des coups de fusil, de tromblon ou de pistolet tirés par des iudividus isolés ou par des groupes qui défilent devant la personne à qui on rend les honneurs, et qui déchargent leurs armes aux pieds, ou aux oreilles de ladite personne. Souvent les taraka sont exécutées par deux groupes simulant un combat.
SAÏD-BEN-BOUDAOUD-EL-MOQRA N I
Trumelet. Les deux, colonnes furent aussitôt disloquées, et le général garda le commandement de la subdivision d'Aumale'.
La dislocation de ces colonnes, et surtout l’abandon deMsila, étaient une faute. Msila est, en effet, un point stratégique d’une valeur indéniable et que ne remplace pas Bouçada, dont l’occupation, militaire ou administrative1 2 3 4, a toujours été une erreur. Si, au commencement d’août 1871, la colonne avait fait de Msila son quartier général et sa base d’opération contre les Madid, que le général Saussier attaquait par le nord, l’insurrection eût été terrassée avant quinze jours et nous n’aurions pas eu à poursuivre encore pendant des mois Ahmed-Beyet les Ouled-Moqrane.
Cette faute n’est d’ailleurs en rien imputable aux chefs qui combattaient les rebelles ; le général Cérez avait une mission déterminée, et il l’avait accomplie d’une façon aussi complète que bi’illan te ; le général Lallemand, qui, le 5 août, s’était embarqué à Bougie pour Alger, n’était plus commandant supérieur des forces de terre et de mer ; une décision présidentielle ? venait de rendre les trois divisions territoriales d’Algérie autonomes, et les avait fait relever directement du ministre de la guerre jusqu’au jour, encore éloigné, où on aurait pu organiser le VIL corps d’armée-c
En attendant, les chefs de colonnes opéraient sans être en relations officielles et suivies avec ceux de leurs collègues qui relevaient d’un autre commandant de division. C’est ainsi que, le 13 août, le général Saussier, alors dans la Medjana, apprit, par ses espions, la présence du général Cérez à Msila. Il lui écrivit aussitôt pour le prier de concourir à une action qu’il allait tenter contre les Madid, mais sa lettre ne parvint pas à destination en temps utile.
Quoiqu’il en soit, Saïd-ben-Boudaoud, sans avoir à se préoccuper de ses derrières, qui n’étaient pas inquiétés, resta jusqu’au 24 août dans le Djebel-Madid, où il prit part aux divers combats livrés par