Décision du 5 août
4. 11 était pourtant bien simple et bien juste de placer alors à ta tête de ce septième corps le général Lallemand, qui venait de rendre de si grands services à l’Algérie, et qui, eu outre, tenait en main tous les précédents de l’insurrection au début de laquelle il avait assisté. Cela était d'autant mieux indiqué qu’on
LES DERNIERES LUTTES
Boumezrag et Ahmed-Bey contre la colonne Saussier, combats malheureux pour les Ouled-Moqrane, qui firent des offres de soumission et demandèrent l’amane, c'est-à-dire l’amnistie* 1.
Ges offres ayant été repoussées, en exécution des ordres formels de l’amiral, Ahmed-Bey était rentré dans le Bou-Taleb, tandis que Boumezrag, Saïd-ben-Boudaoud et les autres Ouled-Moqrane, arrivaient le 24 août à Msila, où ils étaient bien accueillis par les habitants.
Boumezrag n’y resta pas et partit, le lendemain ou le surlendemain, pour l'Ouennougha, où il voulait essayer de continuer la lutte. Quant à Saïd-ben-Boudaoud, il reprit ses campements au sud de la ville et recommença à parcourir le Hodna en toute liberté.
Sa première incursion eut lieu vers l’est; elle fut faite à l’instigation du chikh Djenane-ben-Derri, qui l’avait accompagné dans le Djebel- Madid avec les Ouled-Nedja, et qui lui rappela sa promesse de marcher contre les Ouled-Amor.
Le 26 août, tous deux, suivis d’un fort goum, quittaient Msila, et, la nuit suivante, ils attaquaient, à Megra, le borclj du chikh des Ouled- Amor, Bibi-hen-Mohammed. Au début du combat, le fils de ce dernier fut tué; cette mort paralysa la défense, le bordj fut pris, pillé, incendié, et les immenses troupeaux du chikh et des Ouled-Amor furent enlevés par les rebelles. Dès lors, les Ouled-Nedja et Djenane-ben- Derri occupèrent le bordj de Megra, qui devint le quartier général des rebelles du Hodna oriental.
Quant au vieux Bibi-ben-Mohammed, fuyant à travers l’obscurité avec les débris de sa zmala, il se dirigea vers Qsarettir, tua en route, de sa propre main, 5 des rebelles qui le poursuivaient, mais, finalement, tomba entre les mains de Mohammed-ou-Adda, qui le retint prisonnier.
Le 28, les Ouled-Nedja déterrèrent le cadavre de son fils, enseveli la veille par les O. Amor vaincus, et ils le brûlèrent. Les O. Amor, effrayés de cette haine sauvage, prirent alors la fuite en masse, entraînant avec eux quelques familles fidèles des O. Sahnoun, el ils vinrent, au nombre de cent tentes, se réfugier à Segana, auprès du chikh Messaoud-ben-Ncib, dont le goum armé gardait ce point depuis le commencement de l’insurrection.
venait de changer les commandants des divisions d’Alger et de Constantine, dont les titulaires nouveaux étaient arrivés en Algérie : le général Delacroix, le 13 juillet; le général Wolf, le 24 juillet. Au lieu d’utiliser en Algérie l’expérience et l'influence du général Lallemand, on l’envoya à Lille, en Flandre, commander le premier corps d’armée.