Saga, troupe d’infanterie; ç/oum, troupe de cavalerie
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lises du capitaine Vivensang. A plusieurs reprises, elle eut à repousser des attaques vigoureuses qui s'acharnèrent sur l’arrière-garde et le convoi. On dut faire usage des quatre obusiers dont on disposait pour dégager des fractions serrées de trop près. La compagnie des francstireurs du Mansoura eut un homme tué et trois blessés, dont son capitaine, M. de Poulet. Le sous-lieutenant de spahis Pérussel fut cité en raison de l’énergie qu’il déploya pour faire passer le convoi au col de Sidi-Zerzour; un de ses spahis fut hlessé de deux: balles, et quatre autres furent démontés. Les sagas desBeni-Toufout etdePOued-Quebli, qui marchaient avec le capitaine Vivensang, eurent un homme tué et quatre blessés.
A une heure de l'après-midi, toute la colonne était campée au pied dubordj d’El-Milia.
Le général donna alors l’ordre au capitaine Pont d'aller avec ses sagas et deux compagnies de tirailleurs brûler les villages voisins appartenant aux Ouled-Amiour (O. Aïdoun), opération qui se fit sans amener aucune perte de notre coté, malgré une fusillade assez vive.
Dès le 27, les soumissions commencèrent de tous les côtés; le général se fit donner quatre cents otages ou prisonniers et neuf cents fusils.
Le 28, la petite colonne Vivensang rentra dans le cercle.de Collo. Le 1er mars, elle était à Mers-Zitoun, où on avait pillé un moulin à huile, et, en présence des bonnes dispositions des indigènes, on licenciait les contingents.
A El-Milia, la présence du général et de sa colonne était encore nécessaire pour calmer les esprits et pour arriver à faire livrer par les Ouled-Aïdoun les mauvais sujets et les meneurs, dont l'arrestation est toujours longue et difficile dans les tribus où il n'y a ni personnalités influentes ni djemaa toutes-puissantes. Pour réussir, il faut du temps et de la force, et, malheureusement, de nouvelles complications nécessitèrent le rappel du général Pouget, qui, le fi mars, se mit en route avec sa colonne pour Constantine.
La situation avait continué à s’assombrir pendant l’expédition d’El- Milia. Avec Moqrani, les difficultés avaient pris un caractère tout à fait inquiétant, mais aucun fait grave n’avait encore eu lieu. Le général Lallemand avait même formé le projet de rentrer de Constantine à Alger en passant par la Medjana, où il aurait vu et rassuré le bacliagha. Le général Augeraud conseillait ce voyage et fondait de grandes espérances sur l'autorité morale que le général Lallemand exercerait vis-à-vis du bachagha, lequel se ferait, selon lui, un point d’honneur
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de faire effectuer le voyage dans de bonnes conditions. Le colonel Bonvalet, consulté, après avoir hésité à répondre, déconseilla le voyage pour dégager sa responsabilité. Quoi qu'il en soit, ce n’était pas là encore qu’était le danger, c’était du côté de Tebessa et du côté de Üuargla, où notre autorité avait subi de graves échecs.
Dans les derniers jours de février, Mahieddine, ayant rallié à lui plusieurs fractions des Brarcha et Allaouna, s’était rapproché de Négrine, qui lui avait envoyé un miadet l’avait acclamé comme sultan; Ferkane, après avoir résisté d’abord et avoir été pillé par les Allaouna, avait dû faire acte de soumission au fils d’Abd-el-Kader.
Mahieddine avait aussi reçu de l’Oued-Rir plusieurs adresses lui demandant de descendre dans le Sahara. Mais ce n’était pas de ce côté qu'il pouvait être utile à l’agent prussien qui le payait et le conseillait : aussi avait-il annoncé que, fort de l’adhésion des populations, il allait marcher sur Cheria et sur Tebessa pour en chasser les Français.
En ce moment, quelques individus des Ouled-Khalifa, de la tribu des O. Sidi-Abid, déjà ralliés à Mahieddine, maltraitèrent des indigènes au service d’un colon de Tebessa; le commandant supérieur du cercle les fit arrêter et incarcérer.
En réponse à cet acte d’autorité, les parents des prisonniers enlevaient, le 5 mars, les troupeaux, que le colon possédait à Cheria et tuaient un de ses associés indigènes, neveu du caïd Ahmed- Ghaouch.
Le” mars, le capitaine Marchand, commandant supérieur du cercle, sortait avec quelques mokraznya pour se rendre compte de la gravité de cet incident : au col de Refana, il était accueilli à coups de fusil, et, devant lui, la route était coupée par les Ouled-Khelifa en armes. Le commandant n’avait qu’une faible escorte; il rentra en ville, sans d’ailleurs être inquiété pendant son retour.
Aussitôt, tous les Nememcha et Ouled-Sidi-Abid, du soff du ckikh Kherif-ben-Mahmed , ennemi juré du caïd Ahmed-Chaouch ; des groupes d’Ouled-Rechaïch, de Brarcha et cl’Allaouna, se jetèrent sur les troupeaux et battirent la campagne en cherchant’ à augmenter le nombre de leurs partisans. Une forte députation alla trouver Mahieddine, qui alors marchait vers Négrine, où il entrale 9 mars ; quelques jours après, il campait à Skrana, entre Négrine et Ferkane, et, delà, s’acheminait à petites journées vers Cheria et le Djebel-Doukhan, où se concentrèrent les contingents rebelles.
Dès le 8 mars, les colons rentraient en ville; les portes de Tebessa
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étaient fermées, la ville cernée, la banlieue dévastée, et les Européens d'Halloufa se repliaient sur le caravansérail de la Meskiana. On annonçait partout l'arrivée du chérif Mahieddine avec son armée.
Dans l’extrême sud, nos affaires ne marchaient pas mieux. Bouchoucha, réfugié à Insalah depuis le mois de mai 1870, n’avait pas cessé un instant d’agir sur nos Ghamba de Metlili et de recruter des partisans pour opérer des coups de main dans le Sahara. Lorsque, à la fin d’octobre et au mois de novembre, les soffs s’étaient constitués et armés dans le Sahara, et que l’attention d’Ali-Bey, notre agha de Ouargla, s’était concentrée uniquement sur les agissements des Bengana, les Chamba avaient pris parti pour ces derniers, qu'ils savaient incapables de les gêner en quoi que ce soit. Serviteurs religieux des Ouled- Sidi-Chikh, ces Ghamba n’avaient jamais eu grande sympathie pour l'autorité d’Ali-Bey; mais ils ne voulaient pas non plus se replacer sous la direction immédiate de leurs anciens seigneurs religieux, dont l'affaiblissement et les exigences ne leur inspiraient pas confiance, et ils étaient venus en grand nombre se grouper auprès de Bouchoucha, qui pouvait leur servir à affirmer leur indépendance sans entraver leurs habitudes de pillage et de razzia. La famille des Bouchemal de Tougourt, les gens des Beni-Sissine de Ouargla, ceux de Rouissat, avaient aussi de leur côté fait un appel pressant à Bouchoucha pour qu'il vint à Ouargla renverser l’autorité de notre agha Ali-Bey. Aussi, lorsque Naceur-ben-Chohra et Mahieddine avaient envoyé leurs lettres au chérif et aux nomades de la région, on ne douta pas de l’arrivée prochaine de Bouchoucha. Celui-ci cependant hésitait : il n’avait qu’une confiance très limitée dans les promesses des Chamba; il connaissait le prestige du nom de Bouakkaz dans le Sahara; il ne voulait ni se mesurer avec le makhzène d'Ali-Bey, qui avait derrière lui les Mekhadma, les Beni-Tour et les Saïd-Otba, et il ne se souciait pas non plus d’attaquer avec des nomades des ksours fermés de murs et entourés de fossés. Ces hésitations se prolongèrent jusqu'à ce qu’un certain nombre de notables, détachés des tribus et des groupes partisans d’Ali-Bey, fussent venus promettre au chérif aide, assistance ou neutralité.
Ali-Bey n’avait pas été sans connaître ces intrigues et les dispositions hostiles des Chamba. Les Mekhadma, ennemis de ces derniers et presque tous dévoués à notre agha, l'avaient tenu au courant des démarches faites pour les détacher de son soif. Ali-Bey, qui professait le plus grand mépris pour l’aventurier Bouchoucha, ne vit là rien de sérieux. 11 envoya des gens à lui et des khouan Tidjanya porteurs de let-
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très des chefs de la zaouïa de Temacine pour donner de bonnes paroles et engager les Mekhadma à faire, le cas échéant, leur devoir contre le chérit.
Ceux-ci ne se payèrent pas de mots; ils se crurent abandonnés de leur ancien seigneur et n’insistèrent pas : plusieurs notables, mécontents de cet abandon, se tournèrent alors vers Bouchoucha, qui mit à profit cet état d’irritation.
Le 5 mars, avec seulement quatre-vingts méhara, il arrivait inopinément à Ngouca, dont le chikh surpris, et abandonné par les Mekhadma, faisait sa soumission et offrait son propre cheval comme cheval de gada.
De là, Bouchoucha parlementa avec les gens de Ouargla. Les Beni- Sissine se prononcèrent pour lui sans hésitation et se barricadèrent dans leur quartier, après lui avoir envoyé une députation. Les Mozabites, installés dans le quartier des Beni-Ouaggine, envoyèrent aussi cinq de leurs notables au chéri f, afin de connaître ses intentions. Celui-ci, pour être agréable à un groupe de Mekhadma qui accusaient ces Mozabites d’avoir empoisonné un des leurs à l’instigation d’Ali-Bey, retint les cinq délégués etexigea d’eux, une rançon de 30,000 francs; ils obtinrent des quatre-vingts familles de leur secte 9,500 francs, qui furent tout de suite apportés. Le chérif prit l'argent et fit, séance tenante, couper la tète aux malheureux notables.
Cet acte de cruauté lui acquit l’adhésion de tous les habitants de Ouargla alliés aux Mekhadma, et de tous ceux aussi qui comprirent que le pillage des riches magasins des Mozabites serait la conséquence de leur soumission au chérif.
Si-Naman-ben-Debah, khalifat d’Ali-Bey, enfermé dans la Casba avec seulement une très faible partie de son makhzène, ne put rallier personne autour de lui. Il monta à cheval avec douze cavaliers et le chikh deRouissat, Brahim-bel-hadj-Abdelkader, et s’enfuit vers Tougourt, pendantque d’un autre coté les quatre-vingts familles de Mozabites émigraient vers le Mzab.
Le jour même, Bouchoucha entrait à Ouargla, et les magasins des Mozabites étaient pillés par les Chamba et les Mekhadma, qui enlevèrent plus de trois cents charges de dattes.
Ali-Bey fut moins affecté de la perte de Ouargla qu'il ne le fut de la conduite des Mekhadma ; et, tout en nous écrivant qu'il ne pouvait sortir de Tougourt, en raison de l’état des esprits des habitants et des dispositions hostiles des O. Moulet, il résolut de se venger.
Si-Naaman-ben-Debah et son frère Si-Mostafa prirent le commande-
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ment d'une partie du makhzène et d'un fort goum, et, par une marche rapide, ils surprirent le 10 mars, à Gour-Bekrat, à quatre kilomètres, à l'est de El-Adjadja, les campements des Mekhadma. Après un engagement assez vif, dans lequel notre makhzène eut 2 hommes tués et 7 blessés, les Mekhadma laissaient entre nos mains leurs tentes, 1,000 chameaux et 7 cadavres.
C'était pour nous une mince compensation à la perte de Ouargla.