‹ Histoire de l'insurrection royaliste de l'An VIIChapitre 9 sur 22 · SÉANCE PERMANENTE DU 2 FRUCTIDOR AN VII · texte numérisé non relu

SÉANCE PERMANENTE DU 2 FRUCTIDOR AN VII

« L'administration centrale du département de u la Haute-Garonne,

« Considérant que le salut de la chose publique « dépend essentiellement de la sagesse des me- « sures que nécessitent les circonstances, et no- « tamment de celles qui peuvent tendre à empê- « cher les contre-révolutionnaires de suivre le fil « de leurs trames criminelles; qu'un des plus sûrs « moyens d'y parvenir est celui de leur enlever « les armes destinées au massacre des républi- « cains et à l'anéantissement de la République ;

« Demeurant les dispositions de l'arrêté du « 22 thermidor dernier et autres subséquents ;

« Ouï le commissaire du Directoire exécutif, « Arrête :

« Article premier. — Il sera fait des perquisi- « tions dans toutes les maisons des particuliers « signalés par l'opinion publique comme ennemis « du gouvernement républicain, et où les admi- « nistrations municipales croiront qu'il existe des « armes pouvant servir contre les intérêts de la « République.

« Art. 2. — Ces administrations s'empareront « des dites armes. Elles en tiendront un registre

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« et les déposeront en lieu de sûreté^our s'en « servir au besoin.

« Art. 3. — Ces mêmes armes ne seront con- « fiées qu'à des mains purement républicaines, le « salut public l'exigeant ainsi.

« Art. 4. — Le présent sera imprimé pour être « envoyé à toutes les administrations municipales « de l'arrondissement. Il en sera adressé un « exemplaire à chacun des ministres de l'inté- (( rieur, de la police générale et de la guerre.

« Délibéré à Toulouse les jour, mois et an que « dessus.

« Caissel, président ; Barrau, Leygue, « Desbarreaux, CAMPARAN,ac?mmïs^ra- « teurs ; Lamagdela.ine, commissaire (( du Directoire exécutif; Béguillet, « secrétaire-général. »

Mais le calme relatif amené par ces mesures de violence était plus apparent que réel; car, comme le dit le commissaire Lamagdelaine dans un rapport au ministre de la police générale, en date du 3 fructidor (19 août), « la pacification sera longue « à cause du fanatisme des paysans, dont plusieurs « ont préféré se faire hacher en criant : Vive la « Religion! vive le Roi! plutôt que de crier : « Vive la République ! Pour que les hommes des « champs ayent quitté leurs moissons pour s'in- « surger, il faut qu'on leur ait tourné la tête. « Malgré donc le rétablissement d'un ordre appa-

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« rent, la haine couve sous la cendre. Certaines (( administrations municipales n'osent pas encore « reprendre leurs fonctions sans avoir sous la « main une force armée, une garnison, crainte « d'attaques nocturnes, de vengeances contre leurs « personnes ou leurs biens. Nous ne pouvons pas « ramener à exécution les lois les plus urgentes, « telles que celle de l'organisation des bataillons « de conscrits, de l'emprunt de cent millions, « etc., etc., et nos caisses sont à sec par suite des « grandes dépenses occasionnées par la rébellion « et les pillages dont certaines ont été l'objet (1). » Ilseraitdifficiledepeindreavecplus de précision et de vérité la situation matérielle et morale des départements insurgés à la suite de la rébellion de l'an vu. Les réflexions de Lamagdelaine démontrent que ce fonctionnaire intelligent et ferme connaissait parfaitement cette situation, car toutes ses prévisions se réalisèrent, et cet état de choses durait encore quatre mois après , ainsi que le prouve le document suivant :

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