‹ Histoire de l'intelligence (volume 2)Chapitre 23 sur 43 · RELATIVES A NOS IDEES · texte numérisé non relu

RELATIVES A NOS IDEES

J*ai cherché la vérité tont simplement avec mes sens et je l'ai trouvée peut-être. S'il en est ainsi, vons pourrez la reconnaître h un signe certain : vous comprendrez.

Tout ce qui n'est pas compréhensible ii on esprit attentif, tout ce qui ne parvient pas ii l'âme avec la netteté d*un souvenir et la vivacité d'un sentiment, n'est que vérité de dialecticien.... c'est-ii-dire aberration et mensonge.

(Charles Nooibb, De la Patingénésie humaine.)

I. I<e0 réaUiém qui nous éoiit ûounéem «ont iiidliriduellefl, Impmrtmiie»^ flnietf ; les idées qve nous en «tobs sont généralefl, parfaites^ Inilitletf i d'où Tieiit, entre la réalité et smë idée, eette dlfféreiiee siasiillère T — II. Tente idée abstraite» antrement dit, tente idée dlfférenelelle a sen idée eerrélatiTe MUI0 laqnelle II eat Impe^vlble de la eeneeveir) penrqnei eela f JPenrqnel nue Idée ne ee «nfllt-elle pa« à elle-même et B'exlflte-t<«lle Jamais senle dans Tlntelllsenee ? — III. Mètre eoBeeptlen d'nn ebjet matériel renferme Tappereeptlen de l'Immensité § netre eeneeptlen d'nn événement queleenqne, celle de rétemlté t d'eu vient, dans nés Idées, cet Infini mystérieux 4|nl, penr ainsi dire, les enveleppe et les détermine T — VW. En rementant d'une idée à sen genre preehaln, de eelnl-el à l'Idée Immédiatement supérieure qui l'engendre à sen tenjr, en arrive teujeurs à Je ne sais quel de vague et d'Indétem^lné, principe commun et fondamental de tentes nos Idées concrètes ; qu'est^e que ce principe ? d'où vient-il T et que représente-^ll ? — Y. lies réalités apperf ues changent continuellement, les rapports qui les unissent changent do niéme 9 pur conséquent nos idées, qui représentent les pre-

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■Bières, ei nos eoneepte, qui représentent lee eeeendU, ae •ont peint riMns® de ee «ni est ni de ce «ni sera , Mais 4e ce qui ffnt, et ne peuvent pas neos servir à rien détennlBer peur Pavenlr i Tlnduetlen qnl part des Idées penr deviner le ■eende est Impesslble; qn'est-ee qnl la rend pesalble?

Notre théorie de T appréhension s'applique donc merveilleusement à la formation de nos idées ; elle résout surtout d'une manière admirable plusieurs difficultés restées jusqu'à ce jour sans solution, après avoir beaucoup embarrassé les philosophes. Ces difficultés, je demande la permission de les reprendre ici d'une manière particulière, pour rappeler en peu de mots les solutions hypothétiques ou délusoires qui en ont été données , et leur opposer la véritable solution telle qu'elle sort de notre théorie et se trouve déjà indiquée dans les chapitres qui précèdent.

1 . Les réalités qui nous sont données sont toutes et toujours individuelles ; elles sont elles et pas autres. Au contraire, les idées que nous en avons et qui nous les représentent sont toutes et toujours générales : elles conviennent a une foule de ces réalités individuelles et ne peuvent être limitées à aucune. D'où peut venir cette différence singulière entre la perception et la réalité perçue?

Nos premières idées, répondent les philosophes , sont en effet individuelles; elles représentent les réalités telles qu'elles nous sont données ; mais bientôt nous coropa-

COMCtmUOlf GÉN. DES TROIS PREM. CBAP. OU 80LUT. ETC. 283

roQS ces premières idées , et , par là , nous arrivons à saisir ce qu'elles ont de commun : de cette comparaison sortent nos idées générales; c'est une erreur.

Premièrement » nous n'avons pas une seule idée individuelle : toutes nos idées, celles-là même qui représentent une réalité individuelle comme Socrate, ou bien qui sont l'appréhension d'une réalité actuellement apperçue (XHnme cette petite marguerite que je saisis au milieu du gazon vert , sont générales : toute nature créée , dit Bayle , est universelle : omnis natura creata est universalis (a), et cela est vrai , si nous la considérons seulement dans l'idée qui la représente ou dans la perception qui nous la livre.

Deuxièmement» la comparaison d'où l'on prétend faire sortir l'idée générale est une opération qui la suppose acquise et s'appuie sur elle. Comparer plusieurs réalités, n'est-ce pas d'abord les rapprocher sous le regard ? Mais la comparaison ne prend pas au hasard les réalités qu'elle rapproche, elle les choisit. Ce choix suppose une lumière qui l'édaire , une règle qui le guide ; quelle est cette lumière» quelle est cette règle? C'est déjà l'idée générale que l'on veut faire sortir de la comparaison. Ce n'est pas tout : rapprocher des réalités sous le regard , c'est préparer leur comparaison , ce n'est pas les comparer : qu'eslrce donc que la comparaison ? Est-ce la considération, en même temps, des réalités déjà rapprochées? Non : cette considération toute seule ne mène à rien ; je

(a) Logica, cap. II.

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ne puis pas même, par elle, saisir la synthèse des réalités données dans le groupe qui les contient : compara des réalités, c'est appréhender chacune d'elles» successivement, au moyen de toutes les autres, afin de saisir dans chacune le mode particulier que les autres y détemiH nent. Cette appréhension suppose sans doute un doublé regard, mais jamais plus, quel que soit le nombre de termes recueillis et rapprochés , et voici comment ces deux regards se disposent, pour ainsi dire, se combinent et se servent mutuellement : le premier, immobile et fixé sur Tune des réalités données , maintient prés^t dans cette réalité , pour la conscience , et cela pendant toute la durée de l'opération, le genre de ces réalités; le second, mobile, parcourt, pour ainsi dire, les réalités rapprochées, et, successivement, appréhende, aa moyen de chacune d'elles , la réalité centrale dans laquelle le genre se trouve ainsi maintenu* Voilà la comparaison : dans l'opération qui la constitue comme dans celle qui la précède et la prépare , elle suppose l'idée générale acquise et s'appuie sur elle : cette idée, c'est d'abord la lumière qui l'éclairé dans le choix des réalités qu'elle rapproche ; ensuite, c'est le point fixe et connu d'où elle part, pour débrouiller et ordcmner cet assemblage confus et désordonné d'existences que le monde nous présente partout; par conséquent, elle ne la donne pas : ce qu'elle cherche et ce qu'elle donne ce sont les différences de cette idée : la comparaison aboutit toujours à une différenciation (a).

[a) Voyez cli. 1, jj IV, cl ch. lll partout.

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