‹ Histoire de l'intelligenceChapitre 2 sur 11 · II MOT DE RÉPONSE A MES CRITIQUES · texte numérisé non relu

II MOT DE RÉPONSE A MES CRITIQUES

Courage, mon cher Doublet! ne voos occupe/, pas de vos critiques, répondez-leur, aussitôt que vous le pourrez, par votre second volume.

(M. Charma, lettre particulière.]

Il a paru sur la première partie de ce travail, dans plusieurs journaux de la capitale, des critiques étranges et vraiment incroyables. Je n'ai point répondu à ces critiques ; pourquoi ? est-ce dédain de ma part ou crainte d'être réfuté dans une discussion publique ? nullement. Ces critiques, je l'avoue, ne méritaient guère que du dédain; mais je n'ai pas cet orgueil désirable qui met au-dessus d'une injuste appréciation et rend indifférent à tout ce que peut dire autour de vous l'ignorance qui ne vous comprend pas, le savoir jaloux qui vous comprend trop et la vanité ridicule qui croit vous comprendre et vous explique à sa manière. Quant à la peur d'être refuté , je ne l'éprouve pas le moins du monde, a tort peut-être, mais c'est ainsi : j'ai foi dans mes idées et

confiance en moi-même pour les défendre et les faire triompher; de plus, j'aime la discussion , c'est mon élément naturel et j'aurais du plaisir à m'y laisser entraîner : ce n'est rien de tout cela ; mais je souffre depuis long-temps, ma santé s'affaiblit de jour en jour et peut-être que la mort n'est pas loin pour moi. Je n'ai pas de temps à perdre si je veux achever l'œuvre que j'ai commencée, ni de force à dépenser inutilement ; je serais coupable à mes yeux , si j'épuisais le peu qui me reste dans un débat frivole et sans utilité véritable : voilà le motif qui m'a empêché de répondre et qui m'en empêchera toujours.

Que mes critiques triomphent donc et qu'ils triomphent tranquillement! rien ne viendra troubler leur triomphe.

La postérité jugera ce que les philosophes d'aujourd'hui n'ont pas encore voulu examiner. (Montesquieu )

npo&txoç eîfjLt ttyiç svapyeiaç, i(l est, évident i;v advocatus sum et patronus.

(P. m: Valent! a., Acadevi.,%IY,26.)

Inimica ratio : videre , non auspicari

volo.

{Hist. de l'ihtell., Ire période, p. 102.

Qu'est-ce que l'intelligence? L'intelligence peutelle avoir une histoire ?

{Lettre particulière.,

11 est une science particulière que tout le monde possède sans pour ainsi dire l'avoir apprise et qui domine les hommes presque à leur insu; son existence est prouvée par cela seul qu'ils jugent et se conduisent comme s'ils l'avaient ; obscure dans son ensemble, nul ne saurait s'en rendre compte, ni l'exposer; mais quand un cas particulier se présente, elle se révèle tout-àcoup par une application claire, nette, positive, puis elle rentre dans l'ombre : on la sent dans chaque jugement, dans chaque détermination ; mais hors de l'application, elle est comme si elle n'était pas : voilà l'Intelligence.

D'où vient cette mystérieuse instruction que tout le monde porte en soi et que personne ne se souvient d'avoir acquise, si étendue qu'elle contient et dépasse toutes les doctrines philosophiques, si pleine d'autorité qu'elle les juge et leur survit, et, en même temps, si obscure que l'humanité qui la possède est forcer de la rapprendre ?

(Th. Jouffboy, Mélang. phil., De la phil. et du sens comm.)

Tûv èvvoiwv al fiiv çvaixai yivoviai ■ ai ô' f]5ri ci' ^{iETEpaç ôi8acrxaXta; xai £7U|A£>.eia<; ■ aurai jjièv ouv ëwoiai xaXo\jvrai fiôvai, èxeïvat 8è xat 7rpoXy$£iç. 'O 8ï Xôyoç, xa8' 5v 7tpo(raYOpeu<î(ie8a Xoyixoi , èx twv 7rpoXr,<|/Etov <Tvifjnrly]poûa8ai XeyeTai, xatà Tyjv 7îp(ôxr,v é66o(xâoa. (PlUTAKQUE, De placilis phil os.

lib. IV, XI.)

Quotquot sine arte nostra notitiae îerum mente excipiuntur, qpvffixaï, id est, naturelles, vocantur, suoque nomine rcpoXri<leiç. Quae vero arte et studio atque disciplina notitiae comparantur,rs^v)txatÉwotat,idest, artiûciosae notitiae sunt, nec proprio nomine insigniuntur.

Logos, id est, ratio ipsa (intelligentia), propter quam homines rationis participes (raisonnables, intelligents) esse dicuntur, £x wv 7cpoXr,4'ecûv, id est, ex naturalibus illis praenotionibus atque notitiis in animo collectis confici atque consummari constareque dicitur:

quod primo rctatis septennario absolvi soiere pulant stoici.

(Petrus de Valettia, Academica, l IV, 23,24).

L'intelligence humaine n'est pas autre chose qu'un ensemble de notions, d'idées au moyen desquelles ou avec lesquelles nous comprenons les choses présentes et d'après lesquelles nous les jugeons. Selon les stoïciens, nous avons acquis toutes ces notions durant les sept premières années de notre vie : en sept ans, d'après ces philosophes , notre intelligence s'est trouvée achevée et complète; — c'est l'histoire de cette formation que nous allons essayer de raconter.

(Voyez Hisl. de V intell., \Te part,, liv.IT, ch. V, g VI.)

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