‹ Histoire de l'InternationaleChapitre 7 sur 41 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les Trade-Unions.

LE SOCIALISMK PRATIQUE EN ANGLETERRE. — LES CRIMES UU SHEFFIELD. — LES TRADE-UNIONS.

Les conditions gonérales de l'existence pour les diverses classes de la société sont en ce siècle assez semblables chez presque toutes les nations de l'Europe pour qu'on puisse être certain que les passions politiques et sociales qu'on découvre chez l'une d'entre elles se retrouveront presque identiquement pareilles à peu près chez toutes les autres. Ces passions peuvent se traduire par des phénomènes un peu difierents en apparence suivant le tempérament spécial de chaque peuple, mais leur caractère général est partout le même au fond ; avant toute étude des faits on a donc lieu de supposer que daus les pays dont les conditions économiques se rapprochent le plus des nôtres nous retrouverons à peu de chose près dans la tète et dans le cujur des classes laborieuses

les idées, les préjugés, les désirs et les haines que nous venons de constater chez les ouvriers français. Quand on o])Sorve ce qui se passe non-seulement en Belgique et en Suisse, mais encore en Angleterre et en Allemagne, on voit que cette conjecture était juste et que les mêmes causes ont produit les mêmes effets au nord de la Manche aussi bien qu'au sud, sur la rive droite du Rhin aussi bien que sur la rive gauche.

Dès la première révolution, un certain nombre d'étrangers prenaient chez nous une large part à tous nos excès et sans mission officielle représentaient leur pays aux saturnales de la démagogie. Nous ne citerons que le plus célèbre de ces représentants de la folie internationale, le Prussien Anacharsis Clootz, qui se faisait appeler l'orateur du genre humain et qui eut l'honneur de conduire au Champ-de-Mars à la fête de la Fédération un grotesque ramassis de l'écume de toutes les nations, chargé de symboliser la fraternité des peuples.

Nous rappelions, à la fm du chapitre précédent, les coalitions et les grèves qu'on vit éclater en France à partir de la Restauration, c'est-à-dire dès que le rétablissement de la paix nous permit de nous remettre au travail. La vie industrielle n'avait pas été suspendue en Angleterre par les luttes qui avaient ensanglanté toute l'Europe pendant la Révolution et l'Empire, loin de là; aussi l'activité de l'industrie y avait développé la guerre du travail et du capital, et les armées des travailleurs s'étaient organisée^ pour la

Page 1