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LES TRADE-UNIONS

ilustrio une influence absolue, ù imposer toutes leurs voluntt's aux patrons, à asservir à leurs moindres caprices tous les ouvriers, et pour cela à les obliger tous, sans exception, à s'affiliera elles. Quiconque s'y refusait, était aussitôt à leurs yeu>: un ennemi contre lequel tout était permis; il fallait briser à tout prix sa résistance. Pour punir et intimider les récalcitrants, on dérobait secrètement leurs outils, on les soumettait à mille vexations qui ne prenaient de fin que lorsque de guerre lasse ils se décidaient à se soumettre. Quant à ceux qui se permettaient de se retirer de la société, aucun châtiment n'était trop cruel pour eux. Pendant un espace de temps d'une quinzaine d'années on vit, à Sheffield, plusieurs de ces « renégats » assassinés, frappés d'une balle mystérieuse sortie sans bruit d'un fusil à vent. D'autres avaient leur maison détruite par l'explosion déboîtes de poudre déposées dans les caves avec des mèches allumées ; leurs familles coui-aient risque d'être anéanties avec eux. Pendant près de quinze ans, ces forfaits se répétèrent fréquemment, et la terreur KL comprendre aux ouvriers indépendants qu'il fallait ;c soumettre à la tyrannie des sociétés ou périr. Une enquête, ouverte par une commission du Parlement, finit par découvrir toute la vérité sur ces crimes et par en faire connaître dans tous les détails la lugubre histoire. On sut de quoi étaient capables en pleine paix, sans la surexcitation de la lutte, les compatriotes des humains et picux rédacteurs de ces journaux anglais qui semblent attribuer

aujourd'hui aux Français le privilège d'une férocité native.

Cependant il ne faut pas tomber dans l'erreur et l'injustice que nous reprochons aux autres. Comme l'immense majorité des ouvriers parisiens est innocente de toute complicité dans les crimes de la Commune de Paris, de même la majorité des tradeunions ne doit pas être rendue solidaire des crimes de Sheffield, et il faut examiner l'organisation de ces sociétés sans préventions hostiles contre elles.

« La trade-union est avant tout, dit M. le comte de Paris, une caisse permanente de chômage. Après avoir généralement payé une entrée, parfois assez forte, les membres versent chaque semaine une souscription variant de un penny jusqu'à un et même dans certains cas deux shillings. 11 se forme ainsi un fonds de réserve qui grossit rapidement dans les années prospères, et qui est destiné à soutenir les membres de la société lorsqu'ils chôment, soit faute d'ouvrage, soit par suite d'une grève. La souscription est égale pour tous les membres, et cette égalité est une des bases de l'institution, car elle implique un égal soutien en cas de chômage ; en temps de grève, il ne s'agit pas pour l'ouvrier de gagnor plus ou moins, il faut que l'Union empêche de mourir de faim..,

(( La société est administrée par un conseil de surveillance, un conseil exécutif, élu chaque année par le vote secret de tous les membres, et qui compte dans son sein un président, un caissier et un secrétaire. Le gouvernement de la société, les relations

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