LES COMITÉS LOCAUX; — LES CONSEILS FÉDÉRAUX
Passons maintenant des associés aux divers conseils qui les représentent.
Plusieurs sections voisines les unes des autres, trop peu nombreuses pour former une fédération, se réunissent pour constituer un comité local qui sert d’intermédiaire entre elles et le comité fédéral. Quand les sections sont assez nombreuses dans une certaine région pour former un groupe tout à fait important, elles constituent une fédération. Dans ce cas, chaque section envoie des délégués au conseil fédéral , qui sert à la fois d’intermédiaire entre les différentes sections, et entre les sections et le conseil général.
« Ce conseil, dit M. Oscar Testut, est chargé de la défense des salaires et des intérêts divers des corporations et de l'étude des questions économiques et sociales ; il doit chercher à établir l’union entre tous les ouvriers dans leur lutte contre l'exploitation du capital. Il est tenu de faire une propagande active parmi les masses ouvrières, de leur exposer les principes et le but de l’Internationale, de les initier à son organisation, de leur prêter son concours quand elles veulent se former en sociétés régulières, et de leur fournir à cet effet les renseignements nécessaires.
« Tous les mois le conseil fédéral est obligé d’envoyer au conseil général un exposé de la situation de la fédération, et un rapport touchant l’administration et l’état financier des sections situées dans son ressort.
«C’est encore lui qui statue sur les demandes d’emprunt adressées à la fédération, sur l’opportunité de soutenir des grèves, de contracter des era-
prunts auprès d’une société adhérente ou auprès du conseil général, d’envoyer des délégués au congrès, d'admettre ou de refuser l'affiliation d’une nouvelle société, etc., etc. Il est chargé, en outre, de faire exécuter les dispositions des statuts généraux et les décisions des congrès; toutes les communications émanant du conseil général lui sont adressées pour être lues aux différents membres chargés à leur tour d’en donner connaissance aux corporations dont ils sont les délégués.
« La constitution et la composition du conseil fédéral varient suivant l’importance des localités, et le plus ou moins grand nombre de groupes ouvriers fédérés. »
La plupart des localités ne possèdent pas de conseil fédéral. On n’en établit un que lorsque la multiplication des sections en rend l’établissement nécessaire pour avoir un centre commun d'action.
Dès qu’il existe dans une localité un conseil fédéral, c’est lui qui correspond seul avec le conseil général par l’intermédiaire du secrétaire de correspondance. Deux lettres collectives adressées en 1807, la première à divers journaux démocratiques, la seconde au Journal des Débats , par MM. Tolain, Varlin et Fribourg, qui signaient tous trois en même temps en qualité de correspondants , nous donnent lieu de croire aussi que cos secrétaires de cort espondance ont également dans leurs attributions les rapports de la société avec la presse. *
Les diverses fédérations ont-elles dans chaque
pays un centre commun ? cela n’est guère douteux, et pour la France en particulier nous n’avons que trop vu avec quelle unanimité la société obéit au mot d’ordre.
Cependant il ne semble pas qu’un centre unique, propre à chaque nationalité, ait partout une existence ouvertement reconnue. Ainsi, tandis que nous voyons qu’il y a en Belgique un conseil général belge qui est le point central où viennent aboutir toutes les fédérations du pays, les magistrats chargés sous l’empire d’instruire les trois procès faits à la société n’avaient pu, parmi tant de pièces importantes qu’ils avaient saisies, en trouver une seule qui constatât l’existence d’un conseil directeur unique pour toute la France.
La nouvelle édition de l’ouvrage de M. Testut contient un document jusqu’ici inédit qui est du plus haut intérêt sur cette question. En voici la copie :