‹ Histoire de l'internationalismeChapitre 108 sur 142 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

bases théoriques de la liberté individuelle et politique. Nous avons déjà vu que d'une part George Fox, d'autre part Hugo Grotius ap* particnnent au 17e siècle.

Tous ces facteurs nouveaux provoquent une forte fermentation d'idées et de conceptions nouvelles : elle n'est pas sans importance pour notre objet, et les nouveaux éléments se combinent avec l'im* pression que crée l'état des choses politiques pour porter les esprits en éveil vers le problème international. C'est l'âge classique de l'ab» solutisme et des guerres dynastiques et de conquête; c'est en même temps l'ère des guerres de religion. La raison d'Etat domine la politique ; nous avons déjà entendu Jean Bodin en développer la théorie ; les princes et les ministres se chargent de la pratique. L'ex» ces du mal provoque la réaction. Emus par les malheurs du temps, des penseurs — ou tout simplement des philanthropes, des hommes de bonne volonté — s'élèvent contre le fléau de la guerre; d'aucuns se bornent à la prédication, d'autres recherchent des remèdes. Il ne faut pas oublier que le mouvement des sectes contre la guerre avait formé un public, sinon très nombreux, du moins disséminé dans bien des pays, et tout prêt à accueillir les théories internationalistes, en tout cas les prédications anti-guerrières.

C'est ainsi que naît vers la fin du siècle une littérature pacifiste proprement dite : un humanitarisme à base sentimentale fait un grand effort pour créer un mouvement général et conscient vers l'interna* tionalisme ; élèves et successeurs des humanistes, des auteurs — poètes et prosateurs — s'élèvent contre la guerre au nom du bon sens ; même un artiste de marque met son burin au service de la cause de la paix. Enfin un série de projets plus ou moins bien étudiés visent une organisation internationale, dont le but est de ga* rantir le monde contre la guerre.

Cette littérature présente un caractère assez confus. Il y a beau* coup de médiocrité, mais partout une conviction très forte de l'im* portance du problème international. Le même sentiment se révèle

DÉBUTS DE LA LITTÉRATURE PACIFISTE

chez ceux des grands penseurs qui ont voué une attention spéciale au problème; leur examen des questions va exercer une influence décisive sur l'orientation du mouvement internationaliste, notamment sur la manière dont seront dorénavant posés les problèmes.

Ainsi se manifeste déjà une certaine interpénétration, et c'est surtout ce caractère plus varié, moins unilatéral, qui s'accentue de plus en plus. Les influences diverses des facteurs antérieurs du mouvement se font jour chez les mêmes auteurs ; quelques*uns de< viennent des vulgarisateurs. Il n'est plus aussi facile de les classer en catégories comme auparavant; des éléments divergents s'entre» mêlent, et une discussion générale est engagée, s'il est permis d'em» ployer un terme aussi ambitieux de ces modestes débuts d'une litté* rature et d'une science de la paix encore en naissance. En tout cas, il me semble naturel de procéder désormais par ordre chronologique, afin de dégager aussi bien que possible le fil de l'évolution.

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