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I.A TRADITION PACIFISTE: EGLISES ET SECTES

1549 surtout en Pologne Néanmoins leur nombre s'accrut en Bo« hème et en Moravie, et lorsqu'en 1609 la Lettre de Majesté de Rodolphe II leur avait accordé la liberté confessionnelle, il paraît que les Frères formaient la moitié des protestants en Bohème et plus de la moitié en Moravie*.

Déjà vers 1490 on peut constater chez les Frères une tendance à un compromis avec le monde ; ils abandonnent la doctrine anti» militariste à outrance de Fetrus de Chelcic, et Jean Huss, qui avait été sévèrement jugé par les Frères primitifs, parce que respon* sable de luttes sanglantes, est assez souvent cité par eux. Dès les débuts de la Réforme allemande, les Frères engagèrent des pourpar» 1ers avec Luther, et ils se sont rapprochés de sa doctrine. Ils ont été en négociations avec Erasme également, à qui vers 1520 ils ont envoyé une mission'. Ils ont ressenti un grand besoin de définir leur doctrine, et dans les confessions successives qu'ils ont formulées au cours du XVIe siècle, on ne trouve plus trace d'anti«militarisme; les Frères sont même autorisés à accepter des fonctions publiques".

La guerre de trente ans a chassé les Frères hors de la Bohème; leur dernier évéque, Johannes Amos Comenius, dont nous aurons à reparler, déploya une grande activité afin de maintenir les rapports entre les congrégations dispersées. La plupart se furent réfugiées en Pologne; il paraît que de petites communautés en existèrent également en Irlande et en Amérique. D'après le Herald of Peace^ les Frères moraves d'Irlande seraient absolument partisans de la doc« trine de la non«résistance au mal. Mais il faut bien dire que cette tendance ne fut plus très prononcée chez eux, ni chez les Hernutes, qui sont, à certains points de vue, les continuateurs des Frères moraves, toute» fois avec une orientation confessionnelle luthérienne très accentuée.

• HUTTON, 1. c, p. 818.

' Cp. Lechler, Joh. Widif, II, p. 512.

' Je n'ai pu consulter les textes officiels de ces confessions, mais des extraits détaillés en sont donnés dans Rieger, Alte u. neue Bohmische Briidcr, III, 359 ss. (Ziillichau, 1739).

» Ire année, 1819, p. 29.

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