‹ Histoire de l'internationalismeChapitre 95 sur 142 · FRÈRES MORAVES · texte numérisé non relu

FRÈRES MORAVES

énergie, déjà en 1419, contre l'opinion de Jean Zizka, que le peuple aurait le droit de se défendre les armes à la main contre l'oppression religieuse. «La loi du Christ, sa parole et son exemple interdisent au chrétien tout combat corporel et toute effusion de sang, même dans la défense personnelle ou pour l'exercice de la justice.»^ En général Petrus rappelle les doctrines des Vaudois; il rejette les ser* ments, ainsi que l'union de l'Eglise avec l'Etat; il cite également Wyclif*. Le devoir de tous les vrais chrétiens serait de quitter l'é» glise nationale et revenir à l'enseignement simple des chrétiens pri» mitifs.

Petrus, qui, en 1419, avait environ quarante ans, était un vieillard lors de la fondation de VUnitas fratrum en 1457 ou 1458, organisa» tion typique des sectes de tendance mystique : toute participation aux fonctions publiques leur était interdite; une «Eglise» ne fut pas instituée, seulement une communion spirituelle entre tous les croyants, avec le sacerdoce universel ; dans la vie la «praxis pietatis^ était con* sidérée comme plus importante que la pureté des doctrines; il y a même des traces d'un certain communisme.

L'histoire de ces Frères est très mouvementée. Il paraît qu'ils se sont assez rapidement répandus en Bohème et en Moravie. Geor» GES PoDiEBRAD avait donné un asile à une de leurs congrégations sur son domaine de Lititz, en Kunwald; mais plus tard des perse» cutions sérieuses furent ouvertes contre les Frères. En 1508 ils per« dirent tout droit d'établissement en Bohème: ils furent placés devant l'alternative de devenir calixtins ou catholiques ou bien d'émigrer, et les persécutions furent continuées jusqu'à 1516. Mais la diète de Moravie refusa son concours à ces mesures sévères. Egalement plus tard, au cours du XVIe siècle, des persécutions ont sévi contre les Frères'", et plusieurs d'entre eux cherchèrent asile autre part, depuis

» J. Mi'LLKR, dans Herzog, Realencykiopadie, 111 (1897), p. 448. * J. E. HuTTON (auteur d'une monographie sur les Frères moraves) dans £n» cychpaedia Brit. (11 th. éd.) XVI 11, p. 818.

'' Par exemple lors de la guerre smalkaldienne, 1547—55.

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