Br0nel, op. cit., p. a
jupons, robes d'enfants, mouchoirs brodés, bijoux, photographies d'une famille française au complet.
Le fourgon avait naturellement une contenance très grande ; aussi quelle variété ! vêtements même de femmes et d'enfants; linge de table et de toilette ; montres, pendules; coutellerie; bijoux; porte-cigares; porte-crajons en or ; couverts en Ruolz ; chaussures de femme; foulards ; paires de pantoufles, etc., etc.
Après Coulmiers, nous trouvâmes dans Orléans un certain fourgon d\imhiilance qui était chargé de la même façon ; von der Thann osa cependant se plaindre et le réclamer, mais les témoignages lui furent contraires.
Délerot fît à Versailles des constatations réjouissantes*. Peu de temps après le départ des garnisaires dont, à part l'odeur et la malpropreté, on croyait n'avoir pas eu trop à se plaindre :
C'était là le plus souvent une illusion qui se dissipait à l'examen ; peu de temps après on reconnaissait que les armoires et les commodes avaient été visitées et que cetordre apparent était destiné à mieux déguiser les larcins commis. Telle armoire à çlace ne semblait pas avoir été touchée, mais la planche appliquée contre le mur avait étésciée, et c'est par derrière qu'on avait fait un choix dans ce qu'elle contenait. Telle commode avait ses serrures intactes, mais par le tiroir du haut on avait vidé les tiroirs inférieurs.
Sur tout le territoire occupé par les Allemands, on fut à même de leur rendre justice : ils ont vraiment le génie du pillage et de la destruction.
« lluiner la France était leur rêve », a dit M. E, La visse, en multipliant les preuves à l'appui; tout serait à citera.
1. DÉLEHOT (E.), Op. cit., 2» éditioii, pp. 467 à 466. Lavissb (Ernest), op. cit., p. 70.
A Laon, comme ils le firent à la Fère, comme ils le feront à Vincennes, « où ils ne furent dans le fort, comme dans la ville, que des hôtes de passade 2, ils procédèrent d'une façon identique : ils enlevèrent le plomb des couvertures, les charpentes, les portes, les escaliers, le bois et le fer en magasin ; ils vendirent à la criée les outils, les meubles ; ils détruisirent ce qu'ils ne pouvaient emporter. A Vincennes, ils allaient détruire les gros matériaux,
quand l'aflministration de notre artillerie, passant sur la honte d'un pareil marché, prit le parti de les leur acheter.
On leur paya de même, pour en empêcher la destruction, toutes les baraques du camp de Saint-Maur qui ont coûté plus de 700.000 francs et dont ils avaient déjà en grande partie arraché les planches pour les vendre ou pour les brûler 1.
En ce qui concerne les officiers, quelque pénible qu'il soit de se trouver dans l'obligation d'en mettre de nouveau en cause, la question nous paraît être dominée par le fait véridique suivant :
Un jeune officier, fils d'un juge silésien, meurt à Reims des suites de blessures reçues dans un combat livré à Guperly (Marne) ; on l'enterre avec les honneurs dûs à un mort glorieux. En dépouillant le carnet trouvé dans une des poches de son uniforme, quelle n'est pas la stupéfaction que cause la note suivante : « Déposé à... un cachemire pris au château
de plus une bague de même provenance, le tout
destiné à ma fiancée '^... »
Un observateur sagace et modéré a fait la remarque suivante :
Partout les officiers se montrèrent les plus âpres à la curée, ou'