‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 110 sur 257 · I. FouRNiËR (Edouard), op. cit., pp. 187 et · texte numérisé non relu

I. FouRNiËR (Edouard), op. cit., pp. 187 et

pag-ne ou les châteaux furent complètement dévalisés ; les Juifs firent là d'excellentes affaires.

Ils enlevaient les meubles des chambres, les étiquetaient, les emballaient et les expédiaient en Allemagne, sous les yeux « et pour le compte de messieurs les officiers », avec autant de calme et une aussi parfaite sérénité de conscience que s'ils eussent été des employés de la grande entreprise des déménagements, faisant, par ordre du propriétaire même, le transport de ses meubles, de sa maison de campagne à Paris i.

A Versailles, il était naturel que le préfet prussien de Brauchitsch, qui n'était point insensible aux petits profits, recourût aux Juifs ; il n'y manqua point. Délerot a raconté l'histoire édifiante d'un marché pour la fourniture des vivres nécessaires à la g-arnison de Versailles, signalé l'entremise d'un Juif connu pour avoir été exécuté à la Bourse de Paris et le secours déloyal que lui procura son complice contre un syndicat de négociants versaillais; la fourberie fut démontrée et il fallut faire sortir de prison le maire Rameau et les trois conseillers municipaux victimes du préfet prussien.

ARKIVEK DU BUÏIN A DESTINATION

Emballé avec plus ou moins de précautions suivant sa valeur, le butin finissait par arriver en Allemagne. Des officiers prisonniers ont fixé la scène qui s'offrait alors à leurs yeux; relatons seulement deux descriptions formant contraste.

L'arrivage d'un convoi miséreux a été relaté par le iieutenant-colonel Meyret, interné à Cologne 2.

Page 1