‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 116 sur 257 · PRINCIPES GENERAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPES GENERAUX

Les Conventions militaires qui règ^lent les rapports entre les belligérants ont été établies d'un commun accord ; donc, du moment où elles font loi, leur exécution loyale et leur respect s'imposent.

La ([uestion est dominée par cette déclaration de saint Augustin : « Fides etiani hosti servanda est. » « La bonne foi est ég"alement due à l'ennemi. »

Le Prussien Hefter, professeur à l'Université de Berlin, développa cette idée en i844 * ; il concluait ainsi :

Violer la foi donnée, c'est autoriser l'ennemi à exiçer une satisfaction éclatante, c'est encourir une flétrissure devant l'aréopage international Je l'opinion pnhiirpie.

La Prusse était donc amplement renseignée, en

i . Das Europaeische Volkerreclit der Gegenwarl. Cet ouvrage a été traduit, en 1807, P'*i' ^I- Bergson ; une nouvelle édition a été annotée par M.Geffken, eu 1857.

juillet 1870, même parles siens, sur ce point capital.

Les Conventions militaires alors existantes concernaient :

En premier lieu, les parlementaires, qui, sauf le cas où ils se départissent de la neutralité absolue qui leur est imposée, sont inviolables, sacrés ; les saufconduits, les sauvegardes, les suspensions d'armes, les armistices et les capitulations ;

En second lien, le traitement des blessés ou malades^ des prisonniers de guerre et le respect des morts.

DELOYAUTE MILITAI KE ALI^EMANDE

Cette déloyauté s'est trop souvent produite en ce qui concerne les parlementaires etdans le cours même des combats.

Il est arrivé maintes fois que des parlementaires français ont eu à essuyer, en plein jour, des coups de feu, notamment le 20 août 1870, lorsque le capitaine Rœderer, tournant bride, sa mission remplie, pour rentrer à Strasbourg-, compta quatre coups de feu dirigés contre lui et son trompette.

Souvent, soit par perfidie, soit par forfanterie, peutêtre à la suite d'un pari, des officiers allemands s'attribuèrent le rôle dang^ereux de faux parlementaire; citons seulement deux cas relatifs au siège de Péronne, en janvier 1871.

Le siège venait de commencer lorsque, croyant réussir par l'audace, un officier de cavalerie se présenta pour sommer la place de se rendre ; on eût dû l'arrêter; en quoi on aurait eu doublement raison car, pendant qu'il amusait ainsi, deux officiers du

RAPPORTS ENTR-: REFJ.IGBRANTS 1«1

génie et de l'artillerie « relevaient, la carte à la main et sous les yeux mêmes des mobiles de grand' g^arde qui laissaient faire, par ordre supérieur,» le plan des avancées de la ville * ».

Perfidie d'un côté, ignorance de l'autre. Peu après,

un capitaine du rég'iment de uhians n» 7 crut être plus heureux et renouvela l'expérience. Il se présenta à Féronne avec un lieutenant accompagné d'un trompette. Ses explications parurent si peu claires à la suite de la première étpiipée qu'on garda capitaine, lieutenant et trompette, ce qui était d'excellente guerre -.

Mais là où la déloyauté prend un caractère sérieux au point de devenir criminelle, c'est dans les simulacres de reddition, puisque des ennemis loyaux cessant le feu et s'approcliant sont fusillés à faible distance; ces cas ont été fréquents pendant toute la durée de la g-uerre.

Le i4 aoilt 1870, à Borny, le commandant de Labarrière, chef du 20*^ bataillon de chasseurs, fait cesser le feu en voyant la troupe qui lui est opposée lever la crosse en l'air; il s'approche et, lorsqu'il est parvenu à une faible distance, il est littéralement fusillé.

Deux jours plus lard, à Rezonville, le général Grenier, commandant la 2" division du 4* corps à l'armée du Rhin, avait le regret de constater le même fait, qu'il a stigmatisé 3,

Dans l'Est, le contre-amiral Penhoat eut à enregistrer.

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