I. GuELLE (capitaine J.), op. cit
RAPPORTS ENTRE BELLIGERANTS 183
On ne saurait cependant oublier les massacres qui furent trop souvent la suite du combat antique et de nombreux combats livrés au moyen-âg-e.
Si, pendant les guerres de la Hévolulion, — sauf en Vendée, — et de l'Empire, l'humanité triompha souvent, — comme plus tard en Crimée et en Italie, — il est incontestable que la Convention de Genève réalisa un énorme progrès : due à la collaboration de deux amis, les Genevois Dunand et Gustave Moynier, elle fut sig"née le 22 août i864 et complétée par les articles additionnels du 20 octobre 1868; dès le début, son application comporta bien des abus qui résultèrent le plus souvent de l'ignorance ou de la connaissance imparfaite de ses prescriptions, du défaut de sanction, d'infractions ou d'abus motivés par l'intérêt ou la passion des bellig-érants, enfin du manque d'organisation, de direction et de contrôle, qui entrava l'action des Sociétés volontaires de secours.
Elle faisait face aux premiers besoins puisqu'elle proclamait l'égalité de traitement pour les blessés, l'inviolabilité des ambulances et des hôpitaux, la neutralité pour le personnel sanitaire et qu'elle créait deux insignes protecteurs : un drapeau distinctif et uniforme accompagné du drapeau national, un brassard, qui, l'un et l'autre, portaient une croix rouge sur fond blanc.
Il serait injuste de ne point reconnaître que les Allemands firent de sérieux etforts, dès la promulgation de cette Convention, pour secourir les victimes de la guerre. La campagne de 1866 permit à leurs Sociétés et à r « Union patriotique des dames allemandes » de faire un premier apprentissage.
Dès la conclusion de la paix avec l'Autriche, le
grand état-major prussien s'appliqua, ainsi qu'il en a l'habitude, à combler les lacunes reconnues, à aug;-menter le nombre des Comités et à resserrer les liens qui, déjà, les unissaient entre eux.
Aussi, en 1870-187 1, les deux mille (2.000) comités allemands qui existaient, dès le début de la guerre, purent-ils fonctionner dans des conditions satisfaisantes, puisqu'ils ne dépensèrent pas moins de 18.686,273 thalers, soit plus de 70 millions de francs.
Mais cette sollicitude des Allemands pour leurs blessés ne s'étendit pas aux nôtres que, trop souvent, ils traitèrent d'une façon indigne.
Les causes véritables de cette apparente contradiction parais'sent être les suivantes : féroce égoïsme de race, brutalité naturelle, haine de tout ce qui est français, manque absolu de générosité, irritation se transformant rapidement, au moindre obstacle, en une colère aveugle; or, plus d'une fois, la Convention de Genève entrava leurs projets.
A Berlin, le docteur Dubois-Reymon, d'origine française, avait prononcé, en août 1870, étant recteur de l'Université de Berlin, un discours haineux qui, selon le docteur Charpignon, déchira le pacte d'alliance unissant les Universités du monde entier.
Ce discours fut pour beaucoup, a dit le docteur Charpignon ', dans l'oubli que certains médecins allemands - ont fait de la neutralité que leur rôle actif leur commandait. Certains frappèrent d'inoffensifs Français ^ ; d'autres ont volé leurs confrères au foyer desquels ils prenaient place. Aucun n'a aidé à respecter la Convention de Genève, qui devait protéger notre domicile pendant qu'absents tout le jour, parfois la nuit, pour le service des blessés, des soldats en restaient les maîtres...
I. Charpignon (docteur), op. cit., pp. iig suivantes, a. Se reporter à la façon dont certains médecins allemands se conduisirent à Orléans et au Mans.
RAl't'OKTS ENTRÎ-: BELLKiRRANTS ISfî
i^'accusaiioa de voi est appuyée sur un failqui constitue au moins une forte présomption :
M. Chaufton, médecin à Olivet, causait ea fumant, chaque soir, dans son cabinet, avec un médecin prussien qu'il log-eait. Uti soir, on s'était montré les instruments de chacun. Dans la nuit, le médecin allemand partit et la trousse de M. (]haufton avait disparu '.
Quant an docteur Charptg-non, il perdit une collection de médailles que lui volèrent six Bavarois qu'ii logeait; plus tard, il retrouva l'un d'eux dans une ambulance et... le soiç^na'^.