‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 123 sur 257 · Cochard (abbé Th.), op. cit., t. II, p. i3i · texte numérisé non relu

Cochard (abbé Th.), op. cit., t. II, p. i3i

du docteur Arqué, une voiture rapportant d'Ormes deux blessés*.

Le i5 octobre, entendant faire de la place pour des blessés allemands, le même homme prétend renvoyer de l'ambulance épiscopale de la Maîtrise des blessés français amputés ou affreusement mutilés non transportables. Désolées, les Sœurs ont protesté vainement. Il ne fallut rien moins que l'intervention de Mgr Dupanloup, auquel le général von der Thann donna raison 2.

Quelques jours plus tard, le 5 décembre, lorsque le prince Frédéric-Charles vint remplacer à Orléans les Bavarois, Parseval se vengea en faisant établir une ambulance dans la salle synodale de l'évèché.

Le Mans (Sarthe), 12 janvier 1871. — La lecture du livre de M. D. Mallet"^ est tristement, douloureusement instructive.

Dès leur entrée au Mans, les Prussiens pillent, dans le quartier de la Groix-de-Pierre, des maisons remplies de malades et surmontées du drapeau de la Convention.

Vers 3 heures, un officier, accompagné d'une centaine d'hommes, envahit l'ambulance du boulevard Négrier, n° 3 r, s'empare du directeur, l'abbé Deshayes, dans lerjuel il prétend voir un officier de francs-tireurs, et l'abandonne à des soldats ivres et furieux qui l'insultent et le frappent avec la dernière violence. Les Sœurs sont grossièrement traitées, mais ne faiblissent pas; l'al)l)(* Kobin, infirmier, reçoit un coup de plat de sabre sur la tète; un varioleuxjest chassé de son lit;

1. (locuARD (abbé Th.), op. cit., t. Il, p. i33. ■i. CocHARD (abbé Th.), op. cit., t. II, j). i35. 3. Mallet (A.), op. cit., p. 5o.

192 L'INVASION ALLEMANDE EN 1870-1811 j

le mobile Julien Gendry, de la Mayenne, blessé, est transpercé dans son lit d'un coup de baïonnette qui le fit mourir le i4 janvier.

Puis vient l'heure du pillage qui s'étend aux bourses des malades et des blessés, à leurs sacs, à la pharmacie, aux provisions, au vin, dont plusieurs officiers « s'attribuèrent la plus large part^ », même aux bas et au linge des Sœurs.

Quant à l'abbé Deshayes, il ne sortit qu'au bout de trois jours de prison, après y avoir été maltraité et menacé de mort.

Le 12 janvier, environ vers 3 heures, l'ambulance de l'Ecole normale était envahie ; les blessés et le personnel furent aussi maltraités et pillés 2.

Nous ne pousserons pas plus loin nos citations, dit Mallet. Elles donnent une idée suffisante de la fureur de l'ennemi et des excès auxquels il se porta dans cette malheureuse journée. On verra plus loin toutes les violences dont il se rendit coupable dans les différentes ambulances de la ville ^.

M. L. Boulanger, président du Comité de secours de la Sarthe, et le docteur Mordret ont produit des Rapports très instructifs.

L'ambulance établie placede l'Eperon et dirigée par M. Hilaire Corbion fut mise au pillage ; finalement un officier du 3^ corps, 16'^ régiment, qui avait frappé et renversé un blessé, s'installa, avec deux filles publiques, dans la chambre à coucher de M'^f Hilaire Corbion.

A Notre-Dame de Sainte-Croix, chez les PP. Jé-

1. Cuinplc-rendu des travaux du Comité de secours de la Sarthe, publié en 1871.

2. î<lALLf,T (D.), op. cil , p. 53. Les io4 liôpitaux du Mans, qui disposaient de 6.435 lits ou couchettes, recueillirent et soignèrent 3o.62i malades.

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