Maciet (Charles), op. cit., p. A
498 L'INVASION ALLEMANDE EN ISIO-lSIl
tituer, autant que possible, leur identité ; 3o leur donner la sépulture ^.
Or, s'il est vrai que les Allemands firent preuve de respect pour les morts en leur accordant, dans quelques rares circonstances, les honneurs militaires, les faits irréfutables que nous avonsdéjà cités établissent : qu'ils dépouillèrent des blessés, sans se priver de les brutaliser; qu'ils en tuèrent; qu'ils souillèrent des morts et s'appliquèrent parfois pour en faire un objet d'épouvante, d'horreur, à retarder de plusieurs jours leur sépulture.
Le crime commis à Cléry, le 29 décembre 1870, mérite une mention spéciale. M. Emery Leg-rand, riche fermier, àg-é de 66 ans, s'étant refusé à servir « des femmes » à des officiers qui s'étaient enivrés chez lui, fut tué par un capitaine de uhlans,puis suspendu, les bras en croix, contre un mur.
Le 3o, les troupes allemandes revenant des avantpostes défilèrent devant « ce cadavre presque nu, affreusement mutilé... et pas un chef, en passant, ne détourna les yeux, avec émotion, de ce sanglant spectacle 2».
Les morts furent même poursuivis dans leurs tombes ainsi que suffisent, pour nous borner, les violations de sépulture constatées en Seine^. en Seine-et-Oise; au château de Fleury, à Sucy, à Velizy^ et surtout à Montfermeila.