‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 141 sur 257 · CONDUITE ENVERS LES HOTES · texte numérisé non relu

CONDUITE ENVERS LES HOTES

Le respect dû aux hôtes fut violé sur tout le territoire occupé, avec des nuances naturellement dues à l'éducation, par la grande majorité des soldats, des sous-officiers et des officiers allemands, qu'il s'agîl du logement proprement dit, de la nourriture, du chauffage ou de la liberté individuelle.

Le soldat, irritable, goinfre par nature et souvent peureux, se conduisit partout d'une manière identique. Voici un aperçu général :

... Le seul moyen de garder quelque tranquillité, dit M. E. Lavisse, était d'obéir à toutes les volontés du soldat, à tous ses caprices et « tout de suite » i. Ceux qui ne savaient que dix mots français savaient ces trois mots tout de suite. A la moindre hésitation, on voyait grincer les dents noires de ces rougeauds ; à la moindre désobéissance, les coups de plat de sabre pleuvaient et le récalcitrant était expulsé de chez lui à la baïonnette. Si la désobéissance était de nature à compromettre la sécurité de l'ennemi, il n'y avait qu'une peine :1a mort 2...

Les sous-officiers ne se conduisirent pas mieux que leurs inférieurs.

1. La même impression fut notée à Orléans en 1870, par l'abbé Gochard, comme déjà en i8i5.

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