‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 159 sur 257 · I. BuscH (Morilz), Mémoirea de liismarek..., i.V, p. i · texte numérisé non relu

I. BuscH (Morilz), Mémoirea de liismarek..., i.V, p. i

a. Pour le lAIans et pour la Sarthe, les deux ouvraj^es déjà mentionnés de Mallex (A.) et de Surmont (Armand) sont d'une lecture à la fois instructive et amusante.

3. Une note anlérieure ayant réq-iisitionné 24 cuillers, 24 fourchettes et 36 couteaux (pour avoir « le moyen de rhang:cr »), on est autorisé à croire que le nombre ordinaire de convives était de la.

50 Le lampiste doit arrans^er les lampes et garnir les lustres chaque jour avant le déjeuner ;

6" Des garçons pour dresser la table pour le déjeuner et dîner et des femmes pour laver la vaisselle ;

7° Je suis chargé, monsieur le Maire, de vous indiquer que chaque fois on la moindre des choses que j'ai mentionnées manquera, la ville sera punie d'une amende remarquable.

Agréez l'assurance de ma considération la plus distinguée, Signé : Kanitz, aide de camp.

Quoique détaillée, cette note était incomplète puisque, le i5, Kanitz en envoya une nouvelle :

Je prie la Mairie de fournir immédiatement pour la cui'^ine du prince Frédéric-Charles ce qui suit :

25 kilos de jambons ; J3kilos desaucisson; 13 kilos delangues; 5 douzaines d'œufs ; des légumes de différentes qualités, des oignons ; 10 kilos de fromage gruyère, 6 kilos de parmesan ; 15 kilos de viande de veau (rouelle) ; 20 poulets ; 6 dindes, 12 canards ; 5 kilos de sucre en poudre.

Le 28 janvier, Kanitz se plaint que la qualité des vins aille en diminuant de jour en jour et la menace de l'amende revient.

A la fin de janvier, devant une demande impérieuse de petits pois, il faut rappeler à ces g-argantuas que la neige recouvre encore la terre.

On trouvera dans l'ouvrage de Mallet la reproduction édifiante des menus exigés par les officiers prussiens vivant à l'hôtel de France au Mans, A une demande pressante de truffes, la maîtresse de l'hôtel > répondit : « Qu'ils aillent les chercher ! » Peut-être ne comprirent-ils pas,..

Hélas! les meilleures choses n'ont qu'un temps et l'heure sonna où on rendit le service aux officiers allemands de les préparer à reprendre la vie qui leur est habituelle en Allemagne.

Pour les officiers, dit Charles Dehais, pour ces traîneurs de sabre si difficiles sur leur bien-être, si exiç^eants quand il ne leur en coûtait rien, quand il ne s'agissait que de requérir et de prendre, nous les vîmes se réduire tout à coup au train de vie le plus modeste, une fois qu'ils durent jjayer leurs dépenses. Il ne prenaient plus à l'hôtel qu'un seul repas à prix fixe, où ilsavaientsoin de manger pour toute la journée. Le matin, ils se contentaient de café au lait ; le soir, d'une tasse de thé. Il n'y eut guère que sur la pommade et l'eau de Cologne qu'ils ne parurent pas faire d'économies ' .

D'autres officiers trouvèrent, il est vrai, le moyen de prolonger cette exploitation d'un caractère particulier :

Dans un fort riche château que nous pourrions nommer, rapporte A. Legrelle, la châtelaine vit un matin arriver devant elle un lieutenant chargé des fonctions d'interprète de la coûteuse pléiade d'officiers (|u'elle hébergeait bien malgré elle... Il s'agissait de savoir combien la maîtresse du losjis, investie par ces messieurs des droits de maîtresse d'hôtel garni, entendait à l'avenir leur faire payer par jour, en veitu de l'armistice. Il fut répondu tout naturellement que les domestiques du château seuls seraient libres de profiter de ces velléités de munificence. Au départ, cinq ou si.x semaines plus tard, les domestiques reçurent chacun un modeste thaler. En revanche, on constata la disparition d'un certain nombre d'objets précieux. Ici encore la dignité et la délicatesse françaises avaient été bassement jouées par des hommes que leur naissance obligeait à mieux-.

1. Deh.vis (Charles), Invasion prussienne dans i arrondissement.

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