‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 17 sur 257 · II. — Des Francs-Tireurs · texte numérisé non relu

II. — Des Francs-Tireurs

Il faut, en vérité, une bien g-rande complaisance ou une connaissance très superficielle de la guerre franco-allemande pour soutenir que les Allemands tinrent peu de compte des francs-tireurs. La vérité est que, pendant toute la durée de la lutte, ceux-ci ne cessèrent de leur inspirer, à des degrés naturellement différents, de l'appréhension, de la crainte, parfois même une terreur véritable.

Le haut commandement voyait en eux une cause de ralentissement dans les opérations et de pertes plus ou moins sensibles ; les officiers leur reprochaient de compromettre à la fois leur sécurité et leur repos ; quant aux soldats, la peur qu'ils ressentaient peut seule expliquer les cruautés, parfois atroces, qu'ils leur infligèrent.

Un auteur auquel nous aurons souvent recours a donc eu raison de dire :

La haine des Prussiens contre les gardes nationaux n'est rien encore comparée à leur exécration des francs-tireurs. Leurs actes de représailles contre cette vaillante milice d'irrégnliers ne sont qu'une suite d'abominations où la férocité, prise de vcrtige,arrive à la démence.. . *.

Louis Schneider, qui vivait dans la quasi-intimité du roi de Prusse, a noté l'impression désagréable que son maître éprouva quand il apprit, le i8 octobre qu' « on avait vu dans le voisinage de Ferrières, si près de la grande ligne d'étapes», une bande de francstireurs « bien armés et même munis d'un canon de campagne» ; il ajoutait : «les francs-tireurs pouvaient être regardés comme le signe avant-coureur d'un soulèvement général de la nation et cette perspective n'était rien moins que réjouissante -. »

Tel Allemand déclare « traîtresse et infâme » la façon dont les francs-tireurs faisaient la guerre et réclamait contre eux une «sévérité draconienne».

L'irritation qu'éprouvaient les officiers allemands contre les francs-tireurs croissait avec le sentiment qu'ils éprouvaient de l'infériorité de leurs soldats sur les nôtres pour la guerre de partisans.

L'Allemand, né fantassin et lignard, excellent tireur, est un détestable franc-tireur. La vie d'aventures et de privations lui répugne. Lourd, méthodi(pie et gastronome, il faut qu'il trouve le confortable dans la guerre pour y déployer tous ses moyens. L'Allemand, c'est le type réussi et perfectionné du sédentaire s.

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