LANGAGE DU PRINCE ROYAL DE PRUSSE
Déjà le prince royal de Prusse avait devancé les ordres de son père. AjSoultz, en effet, avaient paru simultanément, le 8 aotil, une proclamation du Prince et un Ordre qui eut naturellement son approbation puisqu'il portait la sig'nature du lieutenant général de Gotsch, inspecteur général des étapes de la III" armée.
La proclamation du Prince comprenait deux parties : la première, qui comptait cinq articles, établissait durement la juridiction militaire en n'ayant g'uère recours qu'à la peine de mort avec exécution immédiate ; la seconde réglait d'une manière équitable l'alimentation delà troupe et fixait les réquisitions.
L'Ordre signé de Gotsch a une importance considérable : très étudié, il constitue, en etFet, un prog'ramme dont s'inspirèrent les autres commandants d'armée et qui fut suivi de point en point jusqu'à la fin de la g'uerre.
Après avoir affirmé à son tour que la guerre était dirigée « contre le gouvernement français et non contre les citoyens paisibles », de Gotsch énumérait les cas où « les personnes ne faisant pas partie des troupes françaises » encourraient la peine de mort :
lo Lorsqu'elles serviront d'espions aux troupes impériales françaises (?) ou lorsqu'elles auront accueilli, caché ou aidé des espions français ;
2° Lorsqu'elles auront montré volontairement les chemins aux troupes françaises (?) ou indiqué comme guides ou intentionnellement de taux chemins aux troupes de Sa Majesté le roi de Prusse et de ses alliés ;
3° Lorsqu'elles auront tué, blessé ou volé par vengeance ou par cupidité des personnes appartenant à l'armée de Sa Majesté le roi de Prusse et de ses alliés ;
4" Lorsqu'elles auront détruit des pouls ou des canaux, des chemins de fer ou des lignes télégraphiques, ovi rendu des chemins impraticables, ou mis le feu aux munitions, provisions de vivres, effets de guerre ou aux quartiers des troupes;
5" Lorsqu'elles auront porté les armes contre les troupes de Sa Majesté le roi de Prusse ou de ses alliés.
Les autorités du territoire restent en Jonctions jusqu'à nouvel ordre et continueront à fonctionner sous ma propre autorité. Les fonctionnaires ne conservent aucun rapport administratif avec les autorités françaises en dehors du département, mais seulement avec moi-même ou avec les employés nommés par moi. Les contrevenants seront punis de suspension ou mis en état d'arrestation.
La préoccupation naturelle des généraux allemands fut d'assurer aux armées toute la quiétude nécessaire pour que des événements secondaires n'apportassent pas un retard à leur marche et de maintenir la liberté des communications que constituent les voies ferrées et les lignes télégraphiques.
Mais ilétait inique, monstrueux, de prétendre imposer aux « citoyens paisibles » la responsabilité d'événements auxquels ils étaient totalement étrangers dans leurs causes comme dans leurs effets. Les chefs qui prescrivirent des répressions et ceux qui, obéissant aux ordres reçus, les aggravèrent sans nécessité dans l'application avec des raffinements de cruauté, ont joué un rôle odieux : or, tous. Prussiens, Bavarois, Badois, Saxons, Hessois et Wurtembergeois, se
iS L'INVASION ALLEMANDE EN 18*0-1871
conduisirent ainsi pendant !a seconde partie de la guerre.