‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 177 sur 257 · Lacroix (Louis), op. cit., p · texte numérisé non relu

Lacroix (Louis), op. cit., p

ses et des ag^eats venus d'Allemag-ne et nommés à titre provisoire assurèrent dès lors, tant bien que mal, le service.

Quantaux préposés qui n'avaient pas les mêmes facilités que leurs chefs pour émi§-rer, ils demeurèrent, pour la plupart, en fonctions; les vides furent comblés par de jeuues chasseurs prussiens et par des volontaires alsaciens.

Lorsque, le lo février iSyijles élections pour l'Assemblée nationale eurent lieu dans le département de la iMeurthe, les huit noms figurant sur la liste du Comité républicain passèrent à une immense majorité; les Allemands devinrent furieux en voyant que Gambetta occupait le cinquième rang-.

Ils tinrent alors à la Municipalité de Nancy ce petit raisonnement* :

Vous êtes donc bien riches encore que vous votez pour l'homme qui veut voler la guerre à outrance. C'est bon à savoir, et nous allons en prendre tout à notre aise avec vous. Il faut nous payer tout de suite toutes vos contributions de çuerre.

Et ils n'eurent pas de peine à lui démontrer que leur total atteignait le joli chiffre de [.400.000 francs, qui devaient être versés dans les six jours, a sous peine d'exécution militaire ».

Or, la caisse municipale était vide : M. Welche se précipita chez M.de Villers et obtint que le délai serait prorogé jusqu'au i*"" mars. A Bordeaux, où il se rendit lorsque l'Assemblée nationale se réunit, il obtint qu'on insérât, dans la convention d'armistice, une clause qui mît lin à toutes les contributions de guerre extraordinaires pesant sur nos départements occupés. Par

I, Lacroix (Louis), op. cit., pp. 464, 470, 491, 5oo.

celte clause furent supprimées de droit la part d'amende (ooo.ooo fr.) relative au pont de Fontenoy, l'indemnité de 750.000 francs allouée à la marine marchande allemande, la gratification (94.000 fr.)g-racieusement accordée par l'empereur d'Allemagne à ses officiers à l'occasion de la prise de Paris et de l'armistice, enfin les réquisitions en argent et en nature*.

Ainsi déçus, les Allemands exigèrent le paiement immédiat d'une somme de 61 5. 000 francs provenant des relards apportés dans le paiement de l'impôt pendant plusieurs mois, y compris les... deux premiers jours de mars, la ratification du traité n'ayant eu lieu que le 2.

L'alarme fut encore grande à Nancy, car l'autorité prussienne fit occuper militairement trois maisons de banque particulières et la succursale de la Banque de France. Mais l'appel fait par le Conseil municipal au patriotisme des habitants ayant réussi^, il fut possible de prendre un engagement ferme de paiement qui fut accepté pour le i5 mars.

En Lorraine, comme partout, les campagnes eurent tout particulièrement à souffrir, car ses habitants furent soumis à une tyrannie qui ne désarma jamais^ : les greniers à fourrage et les greniers à grains étaient vides.

Page 1