I. Cet ouvrage a été traduit, en 1876, par Louis Léger
corps, ce Iriste personnage eut l'impudeur de signer la proclamation suivante :
... Attendu qu'un grand nombre d'officiers français, prisonniers ou otages ont manqué à leur parole d'honneur :
Porte à la connaissance du public que des ordres sont donnés pour que désormais la parole d'honneur d'aucun Français ne soit accceptée.
Dès le mois de septembre, ce renég-at chercha à faire capituler les consciences des membres de la Cour et du Tribunal de Nancy pour que la justice fût rendue « au nom de l'Empereur » et non en invoquant celui du peuple français ; sa conclusion était la suivante :
Veuillez, Monsieur, m'envoyer bientôt votre réponse. Avec le plus g-rand regret, je serais forcé d'ell'acer voire nom sur le rôle des personnes ayant droit de traitement et d'appointements, si votre réponse n'était pas dans mes mains d'ici à trois jours, et si elle n'était pas purement affirmative.
La réponse des uns et des autres fut catégoriquement uég-ative ^ Le 9 octobre, après avoir été invité par le marquis de Villers à prescrire aux membres de son clergé de garder une attitude neutre, Mgr Foulon, évêque de Nancv, lui répondit (ju'il leur avait recommandé « l'attitude calme et prudente qui leur convenait par-dessus tout dans les circonstances douloureuses que l'on traversait » ; puis, saisissant l'occasion, il lui signala « comme une cause d'agitation qu'il lui était possible d'atténuer », de façon à obtenir l'apaisement désiré, l'attitude le plus souvent agressive et par^'ois injurieuse du Moniteur officiel publié sous ses yeux^.
I. Lachoix (Louis), op. cit., pp. 2a5 à 228. 9. Lachoix (Louis), op. oit., pp. Sso à 325.
Il est, d'ailleurs, équitable de reconnaître que les trois hauts dig^nitaires allemands gouvernant en Lorraine comprirent et respectèrent dans la personne de Mgr Foulon le caractère particulier de l'Eglise constituant, comme l'a dit Lacroix, « un pouvoir indépendant existant par lui-même et sur lequel la conquête ne leur donnait aucun droit ».
Dès le i8 août, V « habitant de Nancy » signalait, dans un curieux exposé ^, Taugmentation croissante des réquisitions d'ailleurs les plus varices et il concluait avec raison :
Il faut aller à l'Hôtel-de-ville pour se faire une idée de la vie de sacrifice, de dévouement que mènent, à l'heure qu'il est, nos conseillers municipaux, seul pouvoir resté debout dans la Cité depuis la disparition de celui de l'Etat.
Déjà, à propos de réquisitions, nous avons rendu un semblable hommage.
Lors de la création des otages d'accompagnement, le maire de Nancy, M. Welche, fit une démarche auprès du comte ïlenard; celui-ci, plein de morgue et de cruauté, lui fit une réponse en rapport avec la générosité de la race et qui mérite d'être conservée :
Vous autres Français, vous ne savez pas obéir. Quant à nous, nous exécutons sans mot dire tous les ordres que nous recevons de nos chefs. 5/ /'o« me commandait de brûler lu ville de Nancy, je le Jerais à l'instant et sans hésiter. Après tout, la mesure n'est pas sans précédent et elle a été employée par Mouravief en Lithuanie et en Pologne *.
Lors de l'org-anisation du service forestier, les fonctionnaires de l'administration française repoussèrent les propositions qui leur furent faites ; ils furent expul-