DIEU ETAIT AVEC NOUS : A LUI L HONNEUR
Sur la médaille commémorative de la campagne de 1870-187 1, on lit, autour du W héraldique de l'empereur Guillaume P' : Dieu était avec nous, d lui l'honneur !
Il est hors de doute que, se rang^eant à l'avis de leur souverain, bon nombre d'Allemands admirent, sincèrement ou non, qu'ils avaient été choisis par Dieu pour châtier les Français 2.
1. DoMENEca (Père Emmanuel), Histoire de la campagne de iSjo- 187 1 et delà Deuxième Ambulance dite de la Presse Française, ]i.38o.
2. Celte orgueilleuse opinion domine dans l'entretien qu'eut avec le
Au lieu de souligner rinconvenance de cet accaparement de la Providence, recourons à « l'un des cinq cents propriétaires saccagés et pillés » de Ville d'Avray, qui, désabusé, se permit de questionner son hôte, le colonel prussien Wenzerrs :
Que prêchent donc vos cafards évangéliques, à ces bandits réunis le dimanche autour de leur chaire? Pour conformer la liturgie aux mœurs de la sauvagerie prussienne, ils ont dû arracher CCS deux commandements de Dieu :
l'j Tu ne tueras [joint, car leurs ouailles fusillent le paysan coupable d'avoir défendu son foyer;
2o Ta ne voleras point, car vous êtes, Prussien, le vol incarné.
Dieu nous a punis par vos mains... Mais il ne vous a pas commandé toutes les abominations dont vous souillez vos victoires. Il vous était facile de n'emporter que notre haine; mais vous avez voulu y ajouter notre juste mépris^ qui, je vous le jure, passera la frontière, accru du mépris universel, et vous atteindra au sein de la patrie allemande.. ..
Toute la lettre serait à reproduire.
LE TRAITÉ DE PAIX DU lO MARS 187I
Le Iraité qui mit fin à la guerre de 1870-187 1 a constitué un véritable scandale et une maladresse politique.
La France eût accepté sans se plaindre des conditions pécuniaires plus dures encore, quelque contraires qu'elles fussent au droit des gens; elle ne pouvait souscrire à l'arrachement de l'Alsace et de la Lorraine. Oublieiix du i)iègequi lui avait été tendu à Eins,Guil-
marquis de Mun,le 10 novembre 187c. nn beau parleur,M. de S... —de MuN (Marquis), op. cil., p. 187.