‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 228 sur 257 · I. FouRNiBR (Edouard), op. cit., p. ai · texte numérisé non relu

I. FouRNiBR (Edouard), op. cit., p. ai

laume obéit servilement, une fois de plus, an chancelier Bismarck ; il n'aurait cependant pas dû demeurer sourd à la voix de sa mère. Réfugiée à Hufen,la reine Louise avait, en effet, écrit, en 1809, cette lettre remarquable à plus d'un titre :

Je ne puis croire que l'empereur Napoléon soit ferme et assuré sur son trône resplendissant. La vérité et la justice seules sont immuables ; il n'est que sa^e, c'est-à-dire que politique. // n'agit pas d'après les lois éternelles, mais selon les circonstances qui s'élèvent devant lui. Aussi son régne est souillé d'injustice. Il n'agit pas généreusement envers l'humanité, son but n'est pas légitime. Son ambition désordonnée n'a d'autre fin que son élévation personnelle. Son caractère nous inspire plus détonnement que d'admiration. Il est aveuglé par la fortune et croit qu'il a le pouvoir de faire tout ce qu'il veut ; aussi ne sait-il pas ce que c'est que la modération,et celui qui ne se modère pas doit nécessairement perdre son équilibre et tomber 1.

En vérité, le duo Bismarck -Guillaume P"", foulant aux pieds le droit des gens et tirant sans verg-ogne de la victoire tout ce qu'elle pouvait procurer, paraît n'avoir eu qu'une préoccupation : mener à bien une entreprise industrielle, commerciale et rapace.

Selon Leçrelle qui, dans une solide ^ étude, s'est appliqué à dégager « la raison de cette opiniâtreté à se jouer de la douleur de deux millions d'hommes et à sourire avec plus de sang-froid que de cœur de la commisération indignée des autres peuples » , Bismarck aurait eu trois raisons d'agir comme il l'a fait : associer le plus possible l'Allemagne tout entière à l'unité qu'il espérait avoir violemment cimentée par le sang3 au profit de la Prusse, l'Alsace et la Lorraine trans-

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