ROLE PRESUME DU COMTE DE BISMARCK
La responsabilité de Bismarck dans l'organisation du système de terreur se dég-age clairement du récit très détaillé qu'a publié son « secrétaire particulier » demeuré avec lui pendant les sept mois que dura la guerre.
Le docteur Moritz Busch est l'auteur de deux ouvrages dans lesquels s'étalent la brutalité et la sauvagerie du Chancelier.
Le premier parut en 1878 sous ce litre : le Comte de Bismarck et sa suite pendant la guerre de France, iSjo-iSyi : c'est un véritable Journal, dont l'auteur atteste à plusieurs reprises l'exactitude et qui fut soumis à son maître.
Le second a été publié en i883, sous le titre manifestement exagéré de : Mémoire'; du comte de Bismarck.
Le détail de conversations tenues par Bismarck concerne surtout les habitants, les villages dévastés ou brûlés, la destruction des fils télégraphiques, les tirailleurs algériens, les prisonniers, un procédé expéditif pour hâter la rentrée des contributions ou impôts. Nous regrrettons d'être obli^-é de réduire les citations.
Le i^*^ novembre, Bismarck estime que toutes les
maisons abandonnées devraient être brûlées * ; quant aux paysans réfugiés dans des forêts, la confiscation de leurs vaches et de tout ce qu'ils possèdent serait pleinement justifiée 2.
21 septembre. — On a dit qu'à Bazeilles les Allemands repoussèrent dans les flammes des femmes et des enfants : «... C'est là, déclara-t-il, un de ces infâmes mensong-es par lesquels les Français terrorisent lespopulationset les excilentà lahaine contre nous^...»
23 décembre 1870. — Le général de Voig-ts-Rhetz a fait jeter quelques obus dans Tours à titre d'avertissement :
... On a eu tort de cesser de tirer aussitôt que le drapeau blanc a été arboré. Moi j'aurais contiaué à faire pleuvoir les obus sur ces gens-là jusqu'à ce qu'ils m'eussent envoyé quatre cents otages... *.
Le 9 novembre, à propos de la destruction de fils télégraphiques :
On aurait dû envoyer trois ou quatre bataillons à cet endroit et transporter cinq à six mille paysans en Allemagne jusqu'à la fin de la guerre... s.
Le bon chancelier était plein de tendresse à l'endroit des francs-tireurs; le i4 octobre :
Le chancelier appela ensuite la clémence envers les francstireurs une négligence criminelle... On devrait mettre le feu à tous les villages où il se produit une trahison et en pendre tous les hommes e.