‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 36 sur 257 · I. Voir le chapitre suivant, page · texte numérisé non relu

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a. Il est établi que, pour inspirer à leurs soldats plus d'énergie, les officiers allemands leur avaient fait croire que les F'rançais tuaient les prisonniers quand ils n'étaient pas... mangés par les Turcos.

ils arrêtent le maire et l'attachent à un cheval; ils appliquent un coup de sabre à une femme qui revient du lavoir ; ils assassinent, comme il rentrait des champs, un paysan père de six enfants; ils fusillent, sous les yeux de sa femme, le propriétaire d'une maison dans laquelle s'est jeté, pour échapper à leur poursuite, un malheureux idiot qui s'est coiffé d'un képy; enfin, ils pillent le presbytère où, d'un coup de sabre, ils amputent d'un pouce la sœur du curé.

Revenus à Ville, ils brisent à coups de pistolet les volets fermés ; ils jettent à l'eau un habitant dont ils ont eu soin d'attacher les mains derrière le dos et tirent sur lui quand il reparaît à la surface.

Le lendemain i8, un bataillon badois arrive à Ville.

Son chef fait piller quelques maisons ; plusieurs habitants sont assommés, dont un mourut plusieurs jours après.

Le 19, à Thanvillé, quatre habitants pris au hasard sont fusillés. Quant au château, il est mis à sac et plusieurs voitures chargées en repartent.

Voilà de quelle façon les Badois comprenaient la la guerre.

Ligny-en-Barrois (Meuse), le 4 septembre. — Impressionnée par un combat livré non loin de là, à Tréveray,la garnison de Ligny se répand en ville et frappe indistinctement des personnes tranquilles : un habitant a le bras percé d'un coup de baïonnette; une femme âgée, M'"** Guillemin, reçoit à la tête une blessure qui entraîne rapidement sa mort *.

Roiwraij-l' Echelle (Ardennes),le 8 septembre. — Le cantonnier Bourcois, apprenant que des Allemands

I. Lagueixre (J.-J.), les Allemands à Dar-le-Duc et dans la Meuse, PP- 97 à 99 .

viennent d'arriver dans la commune, se hâte de rentrer chez lui où il a laissé seule sa femme. Les Prussiens montent derrière lui et, bien que n'ayant rien à lui reprocher, le précipitent du premier étage dans la cour; ils redescendent, le trouvent sur du fumier et l'y tuent à coups de crosses de fusil, de talons de bottes. Par leur ordre, le cadavre est laissé sur place et défense est faite à la veuve, sous peine de mort, de sortir de chez elle.

Le lendemain, le cadavre est transporté dans une salle de la maison d'école, où il resta exposé toute la journée. Enfin une fosse est creusée dans le jardin voisin et, l'ensevelissement une fois opéré, les Allemands tassent la terre en la piétinant.

Rantiffny (Oise), le 27 septembre. — Appelé dans la localité parla résistance qu'ont opposée des gardes nationaux, un bataillon delà garde prussienne pille, puis incendie quelques maisons ; unhabitant est fusillé sans motif connu, en présence de sa femme; un enfant de trois ans dont quatre bourreaux immobilisent la mère est étouffé : un parent essaie d'intervenir, un coup de crosse lui fracture un pied. Finalement, la maison est incendiée.

Plus loin, deux vieillards sont assassinés à coups de baïonnette ; une chaumière habitée par une octogénaire est brûlée *.

La Bourgonce-Nompatelize (Vosges), le 6 octobre, — Avant le combat, les Allemands, après avoir essuyé quelques coups de feu partis des bois de la Chipotte, fusillent un vieillard âgé de 80 ans et son fils.

Fait prisonnier près de Raon-l'Etape, un habitant de Celles est fusillé sur-le-champ.

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