I. Frère Léontin, op. cit., pp. 38 et 4i
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trouvées sur les morts i. Il put ainsi prendre connaissance d'un Guide du soldat allemand en France im[)rimé, en 1870, à Berlin. Les maires y étaient l'objet d'attentions particulières.
Ce livret, dit-il, contient les phrases nécessaires pour formuler les injonctions relatives au logement, à la nourriture, aux réquisitions, etc. En reg'ard de chacune des phrases françaises figuraient, en lettres allemandes, des indications souvent bizarres de prononciation. Plusieurs de ces interpellations franco-tudesques n'avaient rien de gracieux. Dans le chapitre intitulé a chez le maire » (prononcez màr), je romanpiai celle-ci : « Ne mentez pas, ou tout de suite Je Jais Jusiller vous.
On conviendra que de pareilles recommandations étaient peu faites pour faciliter les relations; aussi, soldats, sous-officiers et officiers luttèrent-ils, parfois à qui mieux mieux, d'exigences et de violences envers les infortunés maires.
Au début, plusieurs de ceux-ci cherchèrent bien à se dégag-er de si pénibles et dangereuses fonctions, mais en vain. La lettre suiv^ante, écrite par le préfet prussien de la Marne, est datée du 7 janvier 1871 ; elle reproduit les raisons antérieurement alléguées pour motiver le refus constant des démissions.
Beaucoup de lettres m'ont étéadressces par des maires demandant leur démission.
L'intérêt des communes exig'C plus que jamais un dévouement parfait de la part de leurs fonctionnaires. Leur tâche souvent n'est pas facile, c'est vrai, mais j'espère qu'aucun d'eux ne cherchera à s'y soustraire pour des prétextes futiles (suivaient des raisons à faire valoir pour obtenir g-ain de cause).
Tous les fonctionnaires municipaux, donnant ou ayant donné leur démission, restei'ont persouucllcment responsables de leurs fonctions tant que la démission n'aura pas été acceptée.
I . Ernouf (baron), Souvenirs de l'invasion prussienne en Normandie, pp. i5g à 162.
Beffu (Ardennes), le 3o août. — A la suite d'un accident arrivé, par sa propre faute, à un soldat dont une jambe a été fracturée, ses camarades, ivres pour la plupart, pillent quelques maisons, puis les incendient-
Rejoints dans une garenne où, par peur, ils se sont réfugiés, deux faibles d'esprit sont littéralement hachés à coups de baïonnettes.
Le maire est arrêté, malgré son affirmation formelle qu'il n'y a dans sa commune ni gardes nationaux, ni armes, et avec lui cinq habitants ; tous six arrivent à Beaumonl, portant trace sur la figure des coups qu'ils ont reçus pendant le trajet.
L'intervention du curé empêcha seule que les choses allassent plus loin.
Maubert-Foiitaine (Ardennes), le 9 septembre. — Frappé au visage, puis appréhendé parce que les douaniers ont saisi une voiture chargée de tabac et de café que des contrebandiers conduisaient, le maire, M. Montigny, est conduit à Rocroi : là, son innocence ayant été reconnue, il fut cependant relâché.
Chiures 'M achecoiirt (Aisne), le 10 septembre *. — Le maire, M. Fossé, avait cru pouvoir affirmer qu'il ne se trouvait pas d'armes dans la commune, les perquisitions font découvrir quarante fusils.
Aussitôt le vieillard est arrêté ; un officier saisit ses cheveux blancs et le force trois fois à baiser la terre ; des soldats l'accablenî de coups, hurlent autour de lui. Le curé voit passer la victime au milieu de ses bourreaux et veut intervenir; il est insulté, bousculé, frappé.
M. Fossé est conduit à Liesse le 11 septembre, puis
I . Lavisse (Ernest), l'Invasion dans le département de l'Aisne, p. 29.
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à Laoii,où il est condamné à mort. Le prince de Saxe, auquel le duc de Meckleud^ourg l'envoie pour demander sa grâce, se montre inflexible; rexécntion eut lieu près du châîeaudeMarchais, dans le boisdeSamoussy. Versailles (Seine-et-Oise), du 19 septembre 1870. — Le maire de Versailles, M. Rameau, bien secondé par son conseil municipal, affronta et surmonta l'épreuve; G. Desjardins, archiviste du département, en a fourni le témoig'nage, auquel il convient de s'associer 1.
Le maire, M. Rameau, saisit d'abord en mains tous les intérêts de l'Etat et ceux du département qui n'avaient [)lus de représentants. II prit des arrêtes pour faire respecter les forêts domaniales par les maraudeurs. 11 proposa au conseil municipal de payer les employés de l'ancienne liste civile et les fonctionnaires des divers ordres, -de soutenir l'hôpital militaire, de nourrir les prisonniers. Le conseil le seconda de tout son pouvoir ; il subventionna des fourneaux économi(]iics, entreprit des travaux de pavage pour occuper les ouvriers, distribua des secours en argent et en nature à tous les malheureux. La misère gagnait des classes de la population qu'elle n'atteint pas d'ordinaire. Une caisse de prêts et avances fut instituée. Des personnes riches offrirent pour alimenter cette œuvre des sommes considérables sans réclamer d'intérêts. Le conseil recueillit et nourrit les habitants expulsés de Bougival, de Garches, de Meudon et de Saint- Cloud. Sa charité s'étendit jusque sur 1 hospice Brezin, auquel il donna des secours.
Mais il ne montra pas moins da fermeté que de comiiassîon. Jamais il nn s'inclina devant l'ennemi. On ne peut lui reprocher aucune démarche humiliante ou suspecte; cependant il n'alfecta aucune pose déclamatt)ire et il garda couranmicnt une simplicité et une modération de bon goût.
C'est ainsi que, pour ne pas compromettre sa dignité, il déclina une invitation à dnier du Roi qui,