‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 5 sur 257 · PRÉFACE DU I" MARS · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU I" MARS

Il nous a semblé utile, au momenl où Je palriolisme se ressaisit enfin en France, après une trop longue éclipse, d'établir, — pour l'encourager et le réconforter chez ceux qui sont encore indécis, — le martyrologe des trente-quatre départements qui eurent à subir l'invasion et l'occupation allemandes.

Notre enquête, poursuivie non sans souffrir, a été dominée par l'unique souci de dégager la vérité ; elle repose exclusivement sur des documents d'une incontestable authenticité : procèsverbaux, relations, journaux, souvenirs de provenance variée signés par des gens honorables.

Tous les récits que la Légende a propagés, — bien que la fantaisie y ait joué trop souvent un rôle regrettable, — ont été soigneusement mis de côté : notre information est donc rigoureuse.

Pour retracer une histoire à peu près com-

plèle de roccupatioii allemande en 1870-1871, il faudrait plusieurs volumes; tel n'a pas été notre but. Ceux de nos lecteurs qui constateront desj lacunes pour la région les intéressant voudront donc bien se rappeler^ en cas de lacunes^ que nous nous sommes seulement proposé de donner une idée générale exacte des pertes et des souffrances trop souvent épouvantables que la rapacité et la barbarie de l'envahisseur imposèrent à des citoyens français inolTensifs.

Le rappel de ces misères n'est que trop justifié : c'est un hommage légitime rendu à la mémoire de ceux qui ne sont plus ; c'est un impérieux sursum corda adressé à leurs descendants, qui ne sauraient rejeter l'héritage transmis.

Un peuple justement désireux de sauvegarder son indépendance et de demeurer digne d'un passé glorieux a le devoir strict, — lorsque l'horizon s'assombrit de plus en plus en Europe, — de puiser dans les événements les plus récents les inspirations et la règle de sa conduite. Agir autrement serait commeltre un crime de lèse-patrie.

Lorsque, sous la pression d'un remords plus ou moins conscient, — en admettant qu'il soit possible, — l'ennemi vraiment héréditaire affirme avec persistance, par ses agissements, que, pour

PREFACE DU 1" MARS 1914 xxxv

lui, la Force doit continuer à primer le Droit, le devoir de tous les Français ne saurait être douteux : sacrifier au salut de la Patrie, pour ne pas continuer à faire le jeu de l'Etranger, leurs tristes et égoïstes intérêts de partis comme de personnes, leurs haines aveugles ; en un mol, former un seul faisceau, s'unir pour être en état de faire respecter le Droit.

Laissant, en piiucipe, au Lecteur le soin de dégager des faits exposés les enseignements qu'ils jcomportenl, l'auteur s'excuse de n'être pas toujours parvenu à maîtriser les accents d'une indignation trop légitime, hélas I

L'Armée allemande renferme dans son sein, il n'en doute pas, un grand nombre d'officiers loyaux, délicats et d'une sérieuse valeur morale ; ces officiers ne manqueront pas de demeurer étonnés, attristés, humiliés même en prenant connaissance de tant d'actes qu'ils ignoraient ou que l'on s'était appliqué à atténuer le plus possible.

Si demain il faut croiser le fer, que ce soit en hommes d'honneur, en soldais fermement résolus à ne point porter atteinte à ce palrimoine commun.

Paris, le le^ mars 1914-

Général F. Ganonge.

DlVlSlOiNS GÉNÉRALES ADOPTÉES

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