BRiEL.abbé), op. cit., p. 3a
104 L'INVASION ALLE.^rANDK EN 1870-1871
Les Prussiens, dit 1 abbé Crlel, se disputaient l'honneur de porter la flamme incendiaire, et quand les flammes s'élevaient, c'étaient des battements de mains et des hourras ; ils ne mettaient le feu dans une nouvelle maison qu'après un certain intervalle, et prolongeaient ainsi cette noble jouissance i.
Telle riche exploitation agricole fat briilée après que des soldats eurent empoché pour son rachat une certaine somme d'arçent^.
Des mères de famille qui ne pouvaient rester au milieu des ruines eurent à essuyer, comme elles s'éloignaient avec leurs enfants, des coups de fusil.
L'abbé Briel et son vicaire furent mis eu joue à différentes reprises.
Plusieurs habitants, maintenus, le 28, auprès de leurs maisons en feu, furent frappés « avec le poing", le pied, le sabre ou le crosse de fusiP », et couverts de crachats.
Dans l'Eg-lise, malgré une promesse formelle, les vases sacrés et les ornements du culte furent volés ou détériorés odieusement.
Incarcéré le 26, sous le prétexte ridicule « d'avoir laissé (le 22 au matin) tinter plus vite qu'à l'ordinaire les neuf coups de cloche qui précèdent l'Ang-elus », le curé Briel nerecouvra sa liberté que le 22 février 187 1''.
Il était nécessaire, ou le conçoit, de conserver pour la postérité un forfait aussi froidement perpétré. En conséquence,
après l'incendie, les Prussiens amenèrent un photographe à Fontenoy pour prendre cette scène désolée dont ils osaient, dit l'abbé Briel, se faire gloire. Ils placèrent leurs soldats avec art,