Il reçut, en 1879, '^ décoration de la Légion d'honneur
CONDUITE DES ARMEES ALLExMANDES lOij
afin de rendre l'effet plus saisissant. [>'épreuve ne parut pas satisfaisante; la première maison à gauche n'était pas brûlée; c'était une ombre qui blessait ces généreux Allemands. Aussitôt les ordres sont donnés, les soldats renversent une partie du mur et restent sur la brèche occupés à démolir. C'est dans cette attitude, ti douce au cœur prussien,qu'ils sont représentés. La maison de M. Hachet fut donc détériorée uniquement pour offrir une image plus frappante du désastre. Oui, les Allemands sont des artistes ; ils aiment les belles choses !
L'éçlise, debout au fond du tableau, au milieu des ruines, semble redire à la reine Augusta comme un écho des pieuses lettres de Guillaume : « Nous respectons les choses saintes ; Dieu est auec nous \. «
L'abbé Briel a donc eu pleinement raison de dire dans son émouvant et impartial récit :
... On se refusera à croire certains détails, on ne pourra s'imaginer que l'armée d'un peuple se disant civilisé s'oublie à ce point : j'affirme la rigoureuse exactitude de mes paroles; j'écris sous la déposition sévèrement examinée de mes malheureux paroissiens ; j'ai vu moi-même les Prussiens à l'œuvre ; j'ai entendu leurs menaces, leurs ordres ; je suis l'un des témoins et l'une des victimes.
Nous n'avons pas à raconter en détail les moyens fju'employa le comte S. Renard, préfet prussien, d'oriy^lne française, ponr amener, dans le plus bref déiai, la réfection du pont : rt'fjuisition de Sooouvriers, toute espèce de travail ayant été suspendu dans les ateliers et usines, sous peine d'une amende de 5.000 francs ; razzia sur la place Stanislas pcndiint la musique (tant pis pour les curieux) de i5o à 200 individus de tout àg-e et de tout costume qui furent employés comme travailleurs ou se firent reui placer-.