GÉNÉRALITÉS
1 Le Droit des gens ou international qui prit nais- ' sance avec les nécessités de la guerre ne s'est trouvé I consacré qu'au fur et à mesure de radoption de la loi î d'amour de Notre Seigneur .Jésus-Cririst *.
Le Hollandais Grotius (i 583-1 640), que l'on a pu
[dénommer le père du Droit des gens, fonda cette
science-, qui fut élucidée, de 179a à i8i5, parvingt-
I. MoNTF.souiKU, Esprit des Lois, livr. Il, cluip. m. 2. Son traité, De Jure pcicis ac tt//(, parut, en 1625, à Paris où, banni, il s'était réfugié.
â L'INVASION ALLEMANDE EN 18-0-1811
trois ans de guerre auxquels les Irailés de Vienne servirent de conclusion.
Guizot a dit, avec l'élévation de vues qui lui étaient propres :
Dans le cours de trois siècles, les plus grands de l'histoire, trois empires, les plus grands qu'ait vus le monde, sont tombés dans une rapide décadence pour avoir insolemment méprisé et violé le droit public européen et chrétien ; trois fois, ce droit, après avoir subi les échecs les plus rudes, s'est relevé plus fort que le génie et la gloire '...
Les règles constituant le Droit des gens varient, à n'en pas douter, avec les époques, les pays et les écoles de philosophie; elles ne sont pas acceptées de tous. Certes, il est regrettable qu'il soit nécessaire de le présenter sous divers aspects, l'un théorique, l'autre pratique, et que les principes les plus justes en morale, en politique, ne se confondent point dans l'application ; quelque dangereuse que soit, surtout à la g-uerre, cette incertitude, le Droit des gens a une sanction qu'il ne faut pas, malgré l'assertion cynique du comte de Bismarck, demander à la force brutale, c'està-dire à la guerre.
Rallions-nous donc au noble langage de MM. Funck- Brentano et Albert Sorel, que Guizot eût approuvé :
. . . Les hommes politiques peuvent quelquefois jouir de l'impunité, parce qu'ils meurent ; les nations ne le peuvent jamais, parce qu'elles vivent toujours assez longtemps pour subir les conséquences de leurs actes. La destruction, loin de leur assurer l'impunité, est pour elles la dernière et la plus terrible conséquence de leurs aberrations ou de leurs crimes.
C'est dans cet enchaînement nécessaire des causes et des effets