I. Guizot, Mémoires, t. I, chap. xvii
qu'est la sanclion du Droit des gens. N^jlle Nation, nul Etat n'y échappe et liiistoire tout entière des relations des peuples n'en est que la longue et péremptoire démonstration. . , i.
Pour Grotius, la g-uerre était : « Un débat qui se vide par la force ; » nous ajouterons, par une force quin'estnullement libre de toute entrave; sinon, ainsi que l'a dit Jiossuet, la guerre « ferait croire à une lutte contre quelque bète farouche ou cjuelque monstre ennemi du genre humain».
Jean-Jacques ilousseaua donné une déiinition conforme à la loi morale ; nous l'adoptons d'autant plus volontiers qu'elle sera d'une application constante dans cette Etude :
La guerre n'est point une relation d'homme à homme, mais une relation d'Etat à Etat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidenlellement, non point comme hommes, ni même comme citoyens, mais comme soldats; non point comme membres de la patrie, mais comme ses défenseurs . . , -.
Le droit de la guerre repose sur le droit de légitime défense, lorsque, la g-randeur désintérêts en présence rendant illusoire un arbitrage, tous les moyens d'influence morale propres à amener une entente ont été épuisés. Dès lors, la loi morale s'impose à tous les membres considérés individuellement ou collectivement de deux nations chrétiennes qui se flattent d'une civilisation plus ou moins raftiuée.
Il ne s'agit pas ici, — on voudra bien l'admettre, — d'entraver une action qui, sur le champ de bataille, ëhtraîne à des rigueurs inévitables ; il dépend de l'honneur des nations engagées d'humaniser le plus
I . Fukck-Brentano et Albbrt Sorel, Précis du Droit des gens, pp. 8 et 9.
a. Du Contrat social , chsL\). iv. — De l'esclavage.
4 L'INVASION ALLEMANDE EN ISTO-lSll
possible la guerre, lorsque les passions se sont momentanément calmées, en un mot, de ne point ériger en principe la brutalité si voisine de la bestialité.