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la monarchie constitutionnelle ; ceux-ci l'affranchissement du despotisme religieux ; ceux-là le résultat d'une agitation produite par des influences étrangères. Toutes ces appréciations sont fausses ou secondaires; la vérité est que l'Italie, par ses seules forces, a voulu réaliser l'unité italienne.
Tout gravite autour de ce point, tout s'y rattache, tout en résulte; le reste n'est qu'accessoire.
L'idée républicaine, la monarchie constitutionnelle, la liberté religieuse, n'en ont pas été le but, mais les moyens.
L'unité italienne n'est pas d'ailleurs une aspiration récente; cette aspiration a été formulée à plusieurs reprises dans le moyen âge et dans les temps modernes.
Dans l'antiquité, Rome fait foi de cette tendance à l'unité qui signale la période la plus glorieuse de la Péninsule. Au moyen âge, les barbares, à peine établis en Italie, conçurent le projet d'y constituer une nationalité. Chacun d'eux voulut la réaliser à son profit, et des luttes interminables se produisirent à ce sujet sur tous les points du vieil empire romain.
Plus tard, les fameuses querelles des Guelfes et des Gibelins manifestèrent encore la puissance de cette idée. Les républiques italiennes qui se constituèrent à l'écart tendaient à réunir dans une seule nation les provinces qui les entouraient. Ce fut faute d'unité dans la direction qu'ils ne purent réaliser l'unité dans les fait?.
Maeblavel, que beaucoup de nos contemporains ont noirci à plaisir, était Guelfe, c'est-à-dire partisan de l'Italie. Le Dante, que les mêmes contemporains ont porté aux nues, était Gibelin, c'est* à-dire partisan de l'intervention allemande. Machiavel professait on culte aveugle pour l'autocratie ; le Dante avait une soif ardente de liberté. Ils étaient tous les deux partisans de l'unité italienne ; d'où vient cette contradiction ?
La théorie que nous avons développée tout-à -l'heure nous l'expliquera. Le despotisme apparaissait alors à l'homme politique te la seule puissance efficace du moyen âge, Machiavel l'a-
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vait compris ainsi sans prévoir peut-être que le despotisme n'était qu'un accident dans l'histoire. Il eut donc la pensée de constituer la nationalité italienne par le despotisme, et pour cela il s'adressa en homme entendu à la seule puissance capable de réaliser son œuvre, ù la papauté.
La papauté avait été puissante tant qu'elle était restée guelfe. Constituée solidement au sein de l'Italie dont elle défendait les intérêts, elle gouvernait alors le monde presque sans contrôle. Ses arrêts étaient à la fois appuyés, et par sa puissance temporelle locale, et par sa puissance spirituelle. Elle était donc logique en repoussant l'intervention de l'étranger.
Le Dante, moins politique que le célèbre auteur du Prince, était en revanche plus sensible au spectacle des discussions dont il était le témoin. Il appelait l'intervention de 1 Allemagne, non pour opprimer son pays, mais pour mettre fin à ses discordes intestines. Il oubliait toutefois que, quand un peuple intervient efficacement dans les affaires d'un autre peuple, il ne tarde pas à l'asservir.
L'idée de Machiavel était donc préférable ; malheureusement, il n'avait à son service que les Borgia. Sa faute fut d'espérer qu'il pourrait constituer, avec l'ambition d'une famille et le pouvoir temporel, une nationalité qui ne pouvait résulter que de l'influence spirituelle des souverains pontifes. Il s'adressa au pape quand il fallait s'adresser à la papauté ; là fut son erreur et l'explication de son insuccès. La papauté l'aurait soutenu, le pape lui faillit.
Le secret des malheurs de l'Italie et de la chrétienté se résume en deux mots : Les papes n'ont pas compris la papauté.
Le coup d'œil que nous venons de jeter en arrière nous explique bien des choses. Il nous montre l'impuissance des despotismes matériels à réaliser l'unité italienne, et il nous fait entrevoir la longue série d'erreurs dans laquelle tombèrent les papes, en croyant que leur autorité temporelle renforçait d'autant leur autorité spirituelle.
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et trouver la raison des luttes et des revers de cette puis-
la révolution : l'un qui pouvait la mener à iôes et qui ne la comprit pas; l'autre qui la comprit au pntrfh de son ambition, et qui ne put réaliser l'unité de l'Italie. Ces deux hommes étaient Pie IX et (Maries-Albert. A qm était-il permis d'opérer cette grande transformation r Llas^oire d Italie nous montre que la papauté au moyen âge était seule en mesure de pouvoir la réaliser. L'histoire que nous
les yeux de nos lecteurs démontrera qu'en dre ce but.
is qu'on ne s'y trompe pas, elle ne pouvait le faire au profit de sa puissance temporelle ; car il lui fallait abdiquer son autorité
i pour renforcer d'autant son autorité spirituelle, i de rentrer dans la politique véritable de la papauté, elle est restée dans la politique malheureuse des papes considérés en tant que chefs temporels.
Au temps où Charlemagne constitua le gouvernement temporel des papes, une pareille mesure était nécessaire. Il fallait, au milieu des bouleversements du moyen âge , un asile indépendant aux chefs de la chrétienté.
Nous devons à la justice de foire remarquer qu'au point de vue temporel, le pouvoir papal se contenta toujours de resterdans ses limites. S'il manifesta quelquefois la volonté d'en sortir, ce fut moins par la politique de la papauté que par l'ambition de quelques-uns de ses membres.
De tous les royaumes du moyen âge et des temps modernes, le royaume pontifical fut le moins envahisseur.
Cette politique de statu quo, excellente dans les temps qui nous ont précédés, ne saurait plus l'être aujourd'hui. Le» institutions gouvernementales ne sont que relatives. Elles ne sont bonnes
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qu'autant qu'on les sait indispensables ; elles deviennent nuisibles dès qu'on n'en reconnaît plus la nécessité.
Cet axiome est plus que jamais applicable à la papauté moderne : car aujourd'hui son royaume temporel n'est pour l'Italie qu'un obstacle et pour son influence spirituelle qu'un danger continu.
Il est hors de doute que les États Pontificaux, appuyés sur la protection de toutes les puissances catholiques, scindent en deux parties la Péninsule, et s'opposent à toute réalisation d'unité ; de même qu'on ne saurait nier que la décadence du pouvoir spirituel provient en grande partie de la persistance avec laquelle les souverains pontifes ont défendu leur pouvoir temporel.
Certes, une occasion magnifique se présentait aux jours de la révolution pour faire regagner à la papauté tout le terrain perdu : assise au centre de l'Italie, en se mettant à la tête du mouvement social elle eût reconstitué une puissante nation et présidé aux destinées du monde.
Quel vaste tableau se déroule aux yeux du politique lorsqu'il pense à l'immensité de ce rôle ! voir un homme marcher à la tête du progrès, et, personnification de la Rome antique, tenir dans un des plis de sa robe le sort du monde ! Jamais l'histoire ne présenta pareil spectacle, jamais elle n'offrit une plus belle occasion au catholicisme, jamaiselle ne laissa entrevoir une plus immense épopée .
Aujourd'hui il n'est plus temps : la papauté voulût-elle désormais se contredire, qu'elle ne trouverait plus que des adversaires ou des détracteurs. On ne voudrait plus se confier en elle, après lui avoir vu refuser le rôle surhumain que la Providence semblait lui avoir ménagé depuis des siècles.
Reste Charles-Albert. Nous ne voulons pas anticiper sur le récit des événements qui font le sujet de cet ouvrage ; nous nous contenterons de démontrer en quelques lignes que l'Italie ne saurait rien attendre de l'assistance d'un prince italien.
En admettant que Charles-Albert aurait pu chasser les Antit*
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chiens de la Lombardo-Vénétie, il est certain qu'il n'eût terminé Ja guerre étrangère que pour commencer une guerre civile, nonseulement avec les princes, ses rivaux dans la Péninsule, mais . aussi avec les peuples.
Avec les princes d'abord : car ni le grand-duc de Toscane, ni le roi de Naples n'eussent voulu reconnaître à côté d'eux un empire violateur des traités de 1815, empire qui aurait soutenu la cause des sujets contre leurs gouvernants, afin d'arriver par les luttes intestines à la domination de l'Italie.
Avec les peuples ensuite : car, le premier danger passé, lequel d'entre eux aurait voulu payer par l'asservissement l'assistance du monarque piémontais ? Certes, aux temps de crise, tous les citoyens crurent devoir voter une fusion qu'ils jugeaient destinée à chasser définitivement les Autrichiens de la Lombardo-Vénétie. Mais qu'on interroge chacun d'eux en particulier, et l'on découvrira chez tous une arrière-pensée, celle de se servir du Piémont comme d'un instrument, quitte à le briser ensuite.
D'ailleurs, les empires chrétiens de l'Europe qui n'auraient pu s'opposer à ce que le pape fût protégé par une république italienne, n'auraient pas souffert qu'il devint le sujet d'un prince italien ; c'était donc, non-seulement contre les princes et contre les peuples qu'il eût fallu combattre en cas de succès, mais contre toutes les nations européennes.
Enfin, si l'on écarte toutes ces hypothèses, on reconnaîtra encore que, de nos jours, les monarchies dans la Péninsule ne sont plus que des transitions. La constitution de la nationalité italienne par la monarchie piémontaise ne serait donc, en pareil cas, que le prélude d'une crise nouvelle et plus terrible que les autres.
Que l'Italie cesse donc d'espérer dans ses princes, comme elle a cessé d'espérer dans les papes. Ni les uns ni les autres ne peuvent rien faire pour elle. Elle ne doit attendre son salut que d'ellemême. Les princes se sont effrayés des sujets. 1848, l'ère des révolutions pacifiques, s'est accomplie sans que le succès ait couronné d'héroïques efforts. Désormais, avantque la Péninsule arrive à