AVANT-PROPOS
Le célèbre Donoso Cortès, qui a débuté jadis par affirmer que le
czar triompherait, a commis une erreur capitale j les faits sont là pour nous rassurer. Nous prenons notre revanche sur le moyen âge ; ce ne sont plus les barbares qui nous envahissent, c'est nous qui envahissons les barbares,
L'Italie, comme l'humanité entière, est aujourd'hui arrivée en quelque sorte au période de sa marche ; du point qu'elle oeeupe, elle peut contempler à la fois le passé et l'avenir* elle peut y lire comme dans un livre ouvert ; il suffit de regarder avec sangfroid.
C'est ce que nous avons fait. Dépouillant tout préjugé, nous nous sommes mis à rechercher la raison des grands mouvements de l'Italie moderne ; nous livrons à nos lecteurs le fruit de nos observations impartiales. Nous n'obéissons à aucun préjugé; nous ne prenons parti pour aucune cause ; nous ne nous sommes pas donné Ja mission de combattre aucun principe ; nous avons fait abstraction de la morale, de la justice, de la liberté j nous avons consulté les intérêts, et nous avons constaté ce qui est j rien de plus. Nous sommes convaincu que tous les hommes clairvoyants, à quelque opinion qu'ils appartiennent, reconnaîtront que nous ne nous sommes pas trompé, sinon dans notre théorie, du moins dans notre application.
vin.
îl ne faut donc point nous étonner que l'Italie, cette terre qui a si longtemps influé sur l'Europe, réclame à grands cris son unité.
En effet, pour peu qu'on approfondisse les événements italiens de 1848, on verra que les tendances de la Péninsule se résument en un seul mot : UNITÉ DE L'ITALIE.
On a commis beaucoup d'erreurs en France dans le jugement qu'on a porté sur la révolution italienne. Les uns ont voulu y voir une idée réformatrice et libérale, les autres une tendance à