‹ Histoire de l'Italie en 1848-49Chapitre 50 sur 50 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

sans laquelle il n'est point de paix et de sécurité pour l'Europe.

Tant que l'Italie ne sera pas une nation indépendante et libre, elle sera une source de bouleversements, un tonneau de poudre placéau milieu de la société moderne; la moindre étincelle y mettra le feu, le moindre souffle y attisera la flamme des révolutions. Le monde civilisé est donc intéressé à la réalisation de l'unité de la Péninsule.

Ce qui fait l'Italie à la fois impuissante et dangereuse, c'est l'asservissement qui cherche à étouffer tous les germes sacrés qui fermentent dans son sein. Son grand ennemi , son persécuteur éternel, c'est l'étranger. Les Italiens l'ont bien compris en 1848, et aucun peuple n'aguetté avec plus de patience l'heure de la délivrance ; ils ont compris que l'Autriche enfin rejetée au-delà des Alpes, leurs princes tomberaient d'eux-mêmes, frappés d'impuissance et incapables de maintenir des trônes appuyés seulement sur la domination étrangère. Aussi avons-nous vu toutes les villes de l'Italie septentrionale se soulever à la première nouvelle de l'insurrection de Vienne, sans attendre même un signal : Milan, Venise, Brescia, Padoue sonnèrent le même jour le tocsin de la révolution, et il ne leur fallut pas une semaine pour chasser les Autrichiens de leurs murailles.

On doit déplorer que les mêmes hommes qui avaient secoué la domination de l'Autriche avec leurs seules forces, n'aient pas poussé jusqu'au bout leur confiance en eux-mêmes, et aient invoqué les secours d'un mo-

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narque italien; ils ont oublié que les princes ne sont point bons à servir la cause des peuples, et ils ont perdu l'Italie parce qu'ils ont voulu appeler trop d'Italiens à la sauver.

1 Nous ne voulons pas revenir sur les événements qui ont fait l'objet de ce livre j nous dirons seulement qu'il ne faut pas croire l'Italie morte : les faits nous démontrent que si elle a été terrassée elle n'est point vaincue. La révolution de 1848 a laissé dans les cœurs trop de glorieux souvenirs pour que les peuples italiens ne courent pas aux armes au premier appel. Le coup que l'Autriche a frappé dans la bataille de Novare n'a pas atteint les peuples, il n'a atteint que l'intervention monarchique. Que les partisans de l'indépendance attendent l'avenir avec espoir, appuyés sur la conscience de leurs droits ; l'heure glorieuse sonnera bientôt, et avec elle surgiront cette fois l'indépendance et la liberté. — Puissions-nous, humble ouvrier parmi tant de maîtres illustres, avoir apporté notre pierre au grand édifice de l'avenir : L'UNITÉ DES PEUPLES ITALIENS!

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