‹ Histoire de l'Italie en 1848-49Chapitre 9 sur 50 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le 17 mars 1848, les nouvelles de l'insurrection de Vienne arrivèrent au gouvernement de Milan.

L'archiduc Régnier, consterné, fit ses préparatifs, et quitta la ville dans la nuit du 1 7 au 18.

Le lendemain, tous les habitants pouvaient lire la note suivante, affichée dans Hi rue en guise de proclamation :

« La présidence du gouvernement de S. M. I. et R. se fait un devoir de porter à la connaissance publique le contenu de la dépèche télégraphique de Vienne, en date

du 18 courant, arrivée àZilli le même jour, et à Milan dans la soirée d'hier.

« S. M. 1. etR. l'empereur a ordonné l'abolition de la censure, la publication de la loi sur la presse, ainsi que la convocation des états des royaumes allemands, slaves, et des congrégations centrales du royaume Lombardo-Vénitien. L'assemblée aura lieu, au plus tard, le 3 juillet prochain.

« Signé : M. Hartl.

« J. et R. inspecteurs au télégraphe.

« Milan, 18 mars 1848.

« Le Vice- Président, ' Le comte O'DoififEL. »

Cette communication laissait deviner la gravité des affaires de Vienne ; aussi les Milanais firent-ils peu d'attention aux promesses qu'elle contenait. Il était clair qu'après la lettre dans laquelle l'empereur avait déclaré n'avoir rien à ajouter aux. libertés de la Lom bardo-Vénétie, de pareilles concessions indiquaient la victoire éclatante obtenue par le peuple sur le gouvernement de l'empire.

Tout travail cessa immédiatement.

La population entier^ descendit dans les rues, et les groupes se formèrent comme par enchantement.

Les femmes elles-mêmes augmentaient l'agitation par ces paroles ardentes dont elles seules ont le secret.

11 n'y avait pas jusqu'aux vieillards et aux enfants

qui n'appelassent à haute voix l'affranchissement de l'Italie.

Trois heures après la proclamation de la vice-présidence, Milan n'attendait plus qu'une direction pour marcher. Des citoyens comprirent qu'il n'y avait pas un moment à perdre en pareil cas, et on lut bientôt sur les murs la déclaration suivante :

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