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LES INSTRUMENTS DE L OBSERVATOI RE

ce côlé on a perdu de la solidité, ce qui peut donner au limbe la facilité de changer la forme de son plan qui, en effet, rentre un peu dans une partie. Le quart de cercle est porté par un double pied très fort et d'une

très belle construction, de l'invention de M*" Camus Il est placé dans

un cabinet construit exprès, où il se manœuvre avec la plus grande facilite et célérité, il est tenu dans le meilleur état possible; au mois de May 1779, j'y ai fait porter une nouvelle division par le s*" Lennel, en conservant l'ancienne division de Langlois; l'une et l'autre se voient en même temps dans le champ du microscope, la nouvelle au dessous, l'ancienne au dessus; elles diffèrent un peu en certains points. »

Le toit tournant était, ajoute Cassini, de la plus grande difficulté à tourner; de plus, la tête de l'observateur était fort gênée dans certaines positions; enfin l'instrument était fort difficile à vérifier par le renversement. Cassini n'indique pas comment se manœuvrait le toit tournant; d'après la difficulté qu'on avait à le mouvoir, on peut supposer avec beaucoup de probabilité qu'il était supporté par un vérin, comme le fut le toit de la tourelle de l'abbé Chappe dont nous allons parler.

J'ai suivi, dans la description de ces instruments, les indicalions données par Cassini IV dans V Etat des Instruments de V Observatoire en l'j'^S et dans la Description des Instruments qui date d'une époque ultérieure non indiquée. Je dois dire que dans le Mémoire pour [^Observatoire, lu à l'Académie le 8 janvier 1777, le même auteur donne pour le plus petit des deux muraux des dimensions diflerentes :

« Un autre quart de cercle de deux pieds et demi (en toutes lettres), pareillement divisé et par le même auteur, fut placé dans le même plan et du côté du Nord. Ces deux muraux existent encore, ils sont employés depuis plus de quarante ans à observer les passages des planettes et des étoiles dans toute la partie visible du cercle du méridien. »

Et plus loin, dans la liste des instruments de l'Observatoire en '777 que contient ce même Mémoire, on trouve, sous le numéro II, un quart de cercle mural de 2 pieds \ de rayon. Mais cette même liste contient une autre erreur évidente relative au quart de cercle mobile du deuxième cabinet : « Cet instrument est celui qui a servi à déterminer l'amplitude de l'arc de méridien dans la vérification de la méridienne. » Or, ceci est contredit par le livre

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de la Méridienne vérifiée et par Cassini IV lui-même, dans son Mémoire sur VObliquité de VÉcliptique, où il dit que le secteur de la Méridienne vérifiée fut employé de 1788 à 1748 à l'observation des hauteurs solsticiales, concurremment avec le nouveau quart de cercle mobile construit en 1742. Il semble donc que dans ce Mémoire de 1777, Cassini IV, préoccupé surtout du but principal qu'il voulait atteindre, la réparation des instruments, ait un peu oublié Texactitude de quelques détails.

A ces deux cabinets on en ajouta par la suite un troisième.

(c Ce fut M** l'abbé Chappe, qui, représentant à rAcadémie que, dans tout rObservatoire, il n'y avait pas un seul endroit où l'on put en tout temps prendre des hauteurs correspondantes, sans déranger l'instrument du soir au matin et le transporter de la Tour de l'Est à celle de l'Ouest, avec grand peine et à son grand dommage, sollicita et obtint en 1760, cette nouvelle addition qui effectivement était indispensable. » {Mémoire pour VObservatoire, 1777.)

Au sud du premier cabinet et communiquant a>ec lui par une porte, on éleva une tourelle à toit tournant C qui avait à peine () pieds de diamètre intérieur. Elle était construite de pans de bois re|)Osant sur un soubassement de parpaings de pierre. L'abbc Chappe y fit faire un toit conique tournant de construction assez singulière.

(t 11 reposait par son sommet sur la pointe d'une forte vis verticale qu'on tournait dans un écrou soutenu lui-même au centre de la tourelle par quatre montants en fer. En tournant la vis, on soulevait le toit et Ton plaçait l'ouverture ou trappe dont il était percé du côté de la région du ciel qu'on voulait observer. Rien de plus commode sans doute qu'une pareille machine si l'exécution pouvait en être parfaite. Mais l'expérience de vingt années a démontré à l'Observatoire tous les inconvénients de ce toit tournant. La vis était presque toujours rouillée, il fallait trois hommes au moins pour la faire aller. Ensuite le toit ne s'élevait pas en équilibre, il portait d'un côté et était soulevé de l'autre; enfin il fallait une demi-heure (et quelquefois y renonçait-on ) pour tourner le toit ( * ). »

Ce mode de construction paraît avoir étt* fort usité à cette époque.

(*) Cassini IV, Registre des Observations, années 1776 et 1777, 1. 1; Archives de l* Observatoire, D. 5. i.

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J. Bernoiilli le vit employé dans le joli Observatoire que le marquis de Courtanvaux venait de bâtir à Colombes :

« Les tourelles, dit-il, ont dos toits coniques et mobiles; quand on veut les faire tourner, on en hausse le sommet au moyen d'une espèce de cric formé par une forte vis qui passe par un écrou. » {Lettres astronomiques, p. i58.)

On plaça dans ce eabinel le demi-cercle astronomique invenlé par le duc de Chaulnes et décrit par lui dans les Mémoires de V Académie pour i j65 {^Mémoire sur quelques moyens de perfectionner les instruments d^ Astronomie, p. ,\\\ à /î'^^7)' Ce demicercle n'avait qu'un pied de rayon (e:xactement lo pouces |); mais, grâce aux perfectionnements apportés dans la construction et l'observation du fil a plomb et surtout dans le mode de division du limbe, l'instrument pouvait soutenir la comparaison avec les quarts de cercle de 8 et 9 pieds. Il était muni de deux lunettes achromatiques, de -x pieds et demi de fojer, construites par le sieur de TKtang (') sur les principes de M. Clairaut; elles avaient un grossissement de quarante-deux fois et « par conséquent faisait au moins autant d'ellet, pour le grossissement, qu'une ancienne lunette de 8 à 9 pieds, et incomparablement plus pour le champ et la netteté ». C'est à ma connaissance la première application des lunettes achromatiques aux instruments divisés. L'instrument donnait les hauteurs et les angles horizontaux.

La comparaison de ce nouvel appareil avec les deux quarts de cercle de 6 ])ieds de rayon, l'un mural et l'autre mobile, placés dans les cabinets voisins, fut faite au mois de juin i^65 par le duc de Chaulnes, Cassini et l'abbé Chappe, en présence du cardinal de Lujnes, qui écrivait les observations et faisait les calculs. On détermina à plusieurs rej)rises la distance du Soleil à Arcturus; la

(') («Il y a trois aaialeurs à Paris qui s'occupent à faire des lunettes achromatiques et qui par cela même qu'ils sont amateurs et non pas artistes de profession, travaillent avec un soin inQni à ne rien laisser à désirer dans leurs ouvrages; je parle de M. Tabbé Bouriot et de MM. Anthéaume et de l'Etang; un succès parfait a dédommagé ces Messieurs de leur patience, et comme ils sont fort diligens, des amis auxquels ils ont cédé de leurs ouvrages ont déjà profité de leurs travaux ; j'ai entendu parler de lunettes de 10 à 12 pieds, de leur façon, et j'en ai vu moimême, qui ne cèdent en rien à celles de DoUond. » ( J. Bernoulli, Lettres astronomiques, 37 juillet 1769, p. 17a.)

dîflerencc entre les résultais des trois instruments ne dépassa pas deux secondes d'arc.

J. Bernoulli, qui vit cet instrument dans la rapide visite qu'il fil à rObservatoirele 9 mai 1769, dit qu'il paraît fort compliqué, mais qu'il ne laisse pas, à ce qu'on lui assure, d'avoir réellement son mérite (Lettres astronomiques, p. i38).

Enfin, à la suite des deux premiers cabinets, on en éleva un troisième, V, que Cassini désigne comme salle de veille ; il j figure un lit et une cheminée.

Au-dessous était une chambre où Cassini IV plaça une de ses boussoles de variation. On y entrait par une porte percée au sud, au pied du talus de la terrasse, qui du côté de l'est n'avait pas de mur de soutènement.

Cassini nous a laissé deux plans de ce petit observatoire, l'un dans les Mémoires pour servir,.,. Planche VU; l'autre dans le Préambule du Registre de ses obsen^ations, t. I, années 1776 et 1777 (Arch, de l'Obs,, D. 5. 1). Ce dernier n'est qu'un croquis à la plume, néanmoins il me parait plus exact et plus conforme au texte de ses descriptions que le plan gravé des Mémoires, C'est ce croquis que je reproduis (PI, XII)^ en corrigeant toutefois les dimensions relatives pour les faire cadrer avec la légende.

Ces trois cabinets se trouvaient assis sur un grand mur de terrasse prolongé de l'Observatoire (Cassijvi, Mémoires pour servir,., y p. 60).

L'érection de ces pavillons extérieurs marque une ère nouvelle dans l'histoire de l'Observatoire (*). Les astronomes étaient enfin en possession d'instruments installés d'une façon stable et n'étaient plus obligés de transporter incessamment leurs quarts de cercle d'une tour à l'autre suivant l'heure de la journée, avec grande perte de temps et au risque de les fausser. Cassini IV avait bien raison d'écrire :

a C'est ainsi qu'à la satisfaction et à la plus grande commodité desobser-

(') Il avait fallu faire la même chose à Grcenwich, où l'on avait bâti, pour les cercles muraux et pour la lunette méridienne, de petits bâtiments accoles à l'ancien observatoire de Flamsteed (J. làEVcmoi^hiA^ Lettres astronomiques, p. 79 et suiv. ).

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valeurs, tous les instruments nécessaires et propres aux observations les plus délicates de l'Astronomie se trouvèrent rassemblés dans le pelit espace de trois cabinets; l'Observatoire dès lors devint presque inutile et ne fut plus, pour ainsi dire, qu'un bâtiment de représentation. » {Mémoire pour V Observatoire t 1777.)

Malheureusement, ces cabinets construits par les ordres et aux frais de l'Académie, qui n'avait qu'un revenu assez maigre (vo/r J. Bertrand, U Académie et les Académiciens, Finances de l'Académie)^ a\ aient été bâtis très légèrement et avec beaucoup d'économie. D'après VEtat des dépenses de J. Cassini, le prix de construction du premier, non compris la valeur des instruments, ne s'était éle\é qu'à ayofî^io*. Cette somme, l'Académie a\ait [)U la pajer; mais pour le reste, elle avait dii faire attendre les constructeurs et accepter même les a\ances de l'entrepreneur Michaux, à qui l'Observatoire avait en échange donné asile dans Ft^nceinle de ses murs (t;ofr Chapitre III). Manquant de fonds, elle ne pouvait même pas subvenir à leur entrelien. D'autre part, l'Administration des bâtiments ne les considérait pas, en raison de leur origine, comme faisant partie de la Maison royale de l'Observatoire, et se refusait par suite à les accepter sur le Compte du Roi. Ces constructions légères, n'étant pas entretenues, ne tardèrent pas à menacer ruine. Il fallut les reconstruire en 1776.

Furent-ils du moins, pendant la courte durée de leur existence, utilisés comme ils auraient pu l'être? Il faut a>ouer qu'après les premières années et pendant la vie même de Jac(jues Cassini, mort en 1706, ils ne furent fréquentés que par un trop petit nombre d'observateurs et qu'il ne s'y trouva pas tous les instruments qui eussent été nécessaires.

Si Ton s'en rapportait à la liste des Astronomes, membres Av. l'Académie des Sciences, on pourrait croire que l'Observatoire de l'Académie, pendant cet intervalle de 1780 à 1776, dut voir se succéder dans ses salles de nombreux et zélés observateurs. Mais la plupart d'entre eux ne firent qu'y passer, plusieurs même n'y vinrent jamais. Nous dirons au Chapitre suivant, en traitant du régime et du personnel de l'Observatoire, le motif de ces désertions successives. Il nous suffit de constater maintenant que les registres

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(J'observalNjn ne nous montrent, dans cet espace de temps, d'une manière à peu près continue, que les signatures des Cassini et celle de Maraldi, et successivement celles de Godin, de La Caille, de Le Gentil et de Chappe d'Auteroche.

Les observations se réduisent à des hauteurs méridiennes du Soleil, de la Lune, des Planètes et des Etoiles, prises aux cercles muraux et au quart de cercle mobile. Les phénomènes accidentels, éclipses de Soleil, de Lune et des satellites de Jupiter, sont observés, par Maraldi surtout, jusqu'en 1770, avec des lunettes simples ou achromatiques dans les deux tours de l'Est et de l'Ouest. La tourelle de l'abbé Chappe abrite pour un temps Tinstrument du duc de Chaulnes; quand il a été emporté par son propriétaire, nous ne voyons pas qu'il y ait été remplacé. C'est qu'en effet l'Observatoire à cette époque était bien maigrement pourvu d'instruments et tous de construction ancienne.

A la suite du Mémoire pour V Observatoire présenté à l'Académie le 8 janvier 1777 par Cassini de ïhurj et scm fils, nous trouvons un État des instruments de l'Observatoire qui fait trop bien ressortir le dénûment dans lequel était alors tombé cet établissement royal (*). Nous n'y voyons figurer que six instruments en bon état de service ou à peu près. Ce sont les deux quarts de cercle

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