AMÉRIQUE
Cambridge, .... Willard.
Philadelphie.. Rittenhouse.
Chacun de MM. les élèves reçoit trois exemplaires.
personnes qui se destinaient aux voyages lointains pussent venir se former à la pratique des observations » (De vie, Vie de Cassini IV, p. 89. — Mémoires pour servir, etc., p. 9). Ce projet, parait-il, avait reçu au moins un commencement d'exécution. A la page 54 des Mémoires pour servir à l* histoire des Sciences, à la suite de la description de ses projets pour Fornementation de la salle de la Méridienne nouvellement restaurée, où il voulait établir un musée d'Astronomie, Cassini ajoute : « Cet appareil d*instrumens n'eût pas été là seulement pour la montre, îl devait encore servir pour le Cours d'Astronomie pratique que j'avais établi et qu'un de mes élèves (') professait depuis deux ans. » Cette phrase est d'ailleurs le seul document que j'aie trouvé au sujet de ce cours d'Astronomie pratique.
Le règlement du 26 février 1^85 avait prévu l'établissement à l'Observatoire d'une bibliothèque, qui ne devait être composée que de Livres d'Astronomie et d'Ouvrages de Mathématiques appliquées à cette science. Or, il n'y avait, dans le grand bâtiment de l'Observatoire, aucun endroit propre à recevoir cette bibliothèque.
« Les murs de cet édifice ont même, écrit Cassini {Arch, de V Observatoire, D.5.38), un grand inconvénient pour les livres, celui de contracter, en hyver dans les dégels, une humidité épouvantable. D'ailleurs il est absolument nécessaire que la bibliothèque soit attenante ou fort proche du cabinet d'observation, et il n'y a aucune pièce du grand bâtiment qui soit dans cette position avantageuse. Mais il se trouve précisément à la suite des cabinets un bâtiment de de longueur sur de largeur (*), qui n'a qu'un rez-de-chaussée plus bas que les cabinets. Il ne s'agirait donc que de relever le comble d'un étage et cela seul procurerait, avec la plus petite dépense possible, l'emplacement suffisant et dans la position la plus avantageuse. »
Ce bâtiment est très probablement celui qui se trouve figuré à la suite et en contre-bas de la salle V dans la Planche II des Mémoires pour servir, etc., mais dont Cassini n'a nulle part indiqué la destination. Cassini proposait encore de décorer le haut des
(') Probablement Dom Nouet, qui avait fait une expédition astronomique à Suiot-Domingue.
(•) Les mesures manquent dans le manuscrit.
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corps de bibliothèque de huit bustes, savoir : ceux de Louis XIV, fondateur, et de Louis XVI, restaurateur de l'Observatoire, ceux de M. le baron de Breteuil et de M. le comte d'Angiviller, enfin les bustes des quatre Cassini. Les deux beaux globes de Coronelli devaient orner les deux bouts de la pièce (*); dans le milieu seraient les tables pour les lecteurs.
Le fonds annuel affecté à l'entretien de la bibliothèque n'était que de 600 livres ; c'était peu pour fonder une bibliothèque dont les premiers éléments n'existaient pas. Cassini suppléa à cette pénurie en donnant à l'Observatoire une partie de sa propre bibliothèque; de plus, il demanda et obtint l'autorisation de faire vendre par un libraire, au profit de la nouvelle institution, les exemplaires de la Carte de la Lune de son arrière-grand-père Jean-Dominique, que lui fournissait l'Imprimerie royale (Arch. de V Observatoire , D. 5. 4o, Lettre de M^ de Breteuil autorisant le tirage et la vente de ces Cartes; une partie du produit de cette vente servit à payer la gravure de la petite Carte de la Lune)(^). Le Compte Ae l'exercice 1787 porte une somme de 3oo livres comme produit de cette vente utilisée en livres.
Dans les achats de livres, le Directeur de l'Observatoire fut grandement aidé par Lalande, dont l'érudition bibliographique était immense, et qui était en relation avec tous les savants et les libraires de l'Europe. Une bonne partie des livres de fonds, dont se compose la bibliothèque actuelle de l'Observatoire, fut acquise par Cassini : telle est la collection des Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, 76 Volumes, de la première année à 1786, et la Table, qui furent payés 70 livres sterling le i**^ décembre 1787 ; les Œuvres d'Hevelius, 7 Volumes, furent acquises par l'intermédiaire de Bernoulli et de Lalande, 538 livres, le 12 janvier 1785; il faut citer encore les Mémoires des Académies de Pétersbourg, de Berlin, de Vienne, de Turin, d'Upsal, etc.
( • ) Ces deux globes, l'un terrestre, l'auti^e céleste, existent encore à TObservatoire; ils ont 3 pieds de diamètre ( 1°*, 10) et sont montés sur un pied circulaire en bois d'acajou en forme de balustrade et garni d'un méridien en cuivre doré. Ils furent achetés le 26 mai 178a, par Cassini, d'un sieur Sykes, opticien du Roi, place du Palais-Royal, pour le prix de 1724 livres {Arch. de l' Observatoire , D.5.40, Reçu de Sykes, Lettre de M' Amelot pour le remboursement du prix que Cassini avait payé de ses deniers).
(*) Voir Chap. XI, p. 170.
2-2 CHAPITRE XVI.— LA REST A t' R ATI ON DE L OBSERVAT 01 RE .
La bibliothèque était abonnée au Journal des Savants pour le prix de i6 livres par an.
Un État de la Bibliothèque de V Observatoire royal de Paris, à l'époque du i*^*" avril 1791, remis parle Directeur aux Archives de r Assemblée Nationale le 3 du même mois, fait connaître qu'à cette date la Bibliothèque possédait 385 Volumes. D'après les Comptes annuels, Cassini avait employé, de 1786 à la fin de 1790, la somme de 63i5* i6* à l'achat des livres. (Pour les dépenses ultérieures, voir Chap. XXI, p. 35o.) Cassini avait, en outre, déposé dans cette bibliothèque :
i" Les registres originaux des Observations faites à V Observatoire royal de 167 1 à 1791, 7 vol. in-folio reliés et 56 vol. in-4® couverts en parchemin.
2° Les doubles des registres, de 1777 à 1791.
3** Histoire céleste de ^Observatoire pour 1780, 8(3, 87, 88, 89 et 90. In-folio cartonné.
4** Tableau des calculs pour les mêmes années. 6 vol. in-folio cartonnés.
5* Observations météorologiques de 1785 à 1791. 5 vol. in-4'*, parchemin (*).
Les bustes dont il était question plus haut ne furent pas exécutés. Les seuls ornements de la salle étaient un buste de Lalande, donné à l'Observatoire par lui-même, un médaillon de W. Herschel (acheté 12* i2* par l'entremise de Lalande), un autre de Jeaurat et les deux globes de Coronelli.
(') Nous verrons plus tard que Cassini IV a complété cette précieuse collection par le don, au Bureau des Longitudes, de tous les manuscrits de ses aïeux qu'il avait conservés; ces volumes et ces manuscrits étaient renfermés dans deux armoires en laque de Chine avec glaces de Bohème et ferrures de cuivre, qui existent encore à l'Observatoire, et dans d'autres corps de bibliothèque qui étaient la propriété du Directeur. Les armoires de laque avaient été payées 2ao livres à Vacherot, tapissier, le 9 février 1788.
Lk RESTAURATION DE l/OBSER VATOIR E.
( 8um. )
Les Instruments. — Projets de Cassini IV. — Fondation d'un atelier à TObservatotre. — Protection accordée aux artistes français.
En tête des propositions qu'il avait faites au roi Louis XVI en 1784 pour la restauration de l'Observatoire, Cassini avait placé la construction de trois nouveaux instruments et la Commission de l'Académie avait donné son entière approbation à ce projet.
Le premier instrument était un quart de cercle mural de 6 à 8 pieds de rayon, suivant la construction anglaise. « Cet instrument, disait Cassini, est indispensable; après une pendule, c'est le meuble le plus essentiel d'un Observatoire; sans lui, on ne peut cultiver en grand l'Astronomie. »
Dès 1725, Le Monnier possédait un quart de cercle mural de Jonathas Sisson, il avait 5 pieds de rajon et était entièrement en cuivre. En 1701, le même astronome avait fait construire par John Bird un second quart de cercle de 7 j pieds qu'il avait installé dans son Observatoire des Capucins de la rue Saint-Honoré; l'Observatoire de l'École militaire possédait un quart de cercle de Bird que Bergeret lui avait commandé en 1772 (*}; l'Observatoire de Greenwich aux mêmes époques avait acquis des mêmes constructeurs des quarts de cercle semblables. C'est de pareils instruments que Cassini voulait doter enfin l'Observatoire de Paris qui, en 1785, n'avait
(') Voir SUT l'Observatoire de l'École militaire la Notice de M. Bigourdan dans le Bulletin astronomique, t. IV, p. 497*
encore que les anciens quarts de cercle muraux de Langlois, dont nous avons eu plusieurs fois occasion de signaler les défauts.
Le deuxième instrument était un équatorial muni d'un cercle de 16 pouces de diamètre. Cassini ne donne aucun détail sur ce que devait être cet instrument.
Enfîn le troisième était un cercle entier de 3 pieds de diamètre. Cassini avait le projet de le fixer dans le plan du méridien, sur Tune des faces du grand mur qu'il avait fait bâtir dans le nouveau cabinet situé au sud des anciens, à la place du cabinet à toit tournant de l'abbé Chappe. Sur l'autre face de ce mur devait être fixé le grand quart de cercle.
L'Académie, d'accord avec Cassini, avait demandé que ces instruments fussent exécutés par des artistes français ou régnicoles ; « ce serait, disait le Rapport des commissaires, un mojen d'exciter l'émulation de ces artistes que la préférence accordée aux artistes anglais par plusieurs astronomes ( * ) pourrait décourager. » Le Roi ayant approuvé la proposition et accordé les fonds nécessaires, Cassini adressa à M. de Breteuil, le 18 janvier 1780, la lettre suivante :
« Monsieur,
» Lorsque vous m'avez fait connaître la volonté qu'avait Sa Majesté de faire construire pour son Observatoire royal trois instrumens capitaux, j'ai pensé qu'en accordant ce généreux secours et cette libérale protection à TAslronomie, le Roy avait en même temps l'intention d'encourager les artistes français, de leur ofiFrirnin but d'émulation, une occasion d'exercer et de faire connaître leurs talens, enfin de leur procurer les moyens de relever au niveau des artistes anglais, peut-être même de leur enlever ou du moins de partager avec eux, une branche de commerce dont une nation rivale semblait jusqu'à ce jour posséder le privilège exclusif.
» J*ai donc cru devoir chercher parmi les plus habiles artistes de la capitale qui m'ont paru le plus en état d'exécuter les instrumens projettes et je leur ai donné la préférence sur les artistes étrangers plus exercés qu'eux à la vérité, mais ayant moins de droits à partager les bienfaits de Sa Majesté, je leur ai présenté cette entreprise comme digne des plus grands efforts de leur part, et leur faisant observer que non seulement une somme considérable était destinée aux prix de ces premiers instrumens, mais encor qu'un fonds annuel était affecté à l'Observatoire pour la construction première d'un grand nombre d'autres instrumens, j'ai excité leur émulation et même
( ' ) Le Monnier avait fait venir d'Angleterre presque tous ses instruments.
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leur reconnaissance, car ils ont été singulièrement sensibles à la générosité et à l'indulgence de Sa Majesté qui veut bien leur faire les avances du tiers du prix de l'ouvrage; ils m'ont chargé. Monsieur, de vous en témoigner toute leur gratitude sachant combien vous avez contribué à déterminer ces dispositions favorables du Roy à leur égard. D'après cela je ne doute pas qu'ils ne se surpassent eux-mêmes et se rendent dignes de la confîance et des avantages qui leur sont offert, j'en serais volontiers le garant et j'ose me flatter de voir opérer à celte époque une révolution dans les arts, glorieuse pour la nation, utile au commerce et digne fruit des encouragemens que les Sciences et les Lettres reçoivent tous les jours sous votre ministère.
» J'ai l'honneur de vous adresser le tableau des ouvrages commandés, avec le nom des artistes qui les ont entrepris et un modèle de l'engagement que je leur ai fait signer, j'espère que vous y reconnaîtrez l'attention et le zèle que j'ai apportés pour assurer autant qu'il est possible la promptitude de l'entreprise et le juste employ des deniers du Roy. Trop heureux si je puis ainsi juslifîer la confîance dont vous m'avez honoré et vous prouver les sentimcns respectueux avec lesquels je suis, etc.
» Signé : Le Coûte de Cassim.
» A Paris, ce 18 janvier 1785. »
A celte lettre était joint le tahloau des propositions de Cassinî :
Le grand quart de cercle mural de 7 ^ pieds de rayon, au sieur Charité, déjà connu par la construction de plusieurs inslrumens imités des anglais avec la plus grande perfeclion.
Le cercle entier de 3 pieds de diamètre, au sieur Lenoir, le plus habile artiste connu pour la construction de ces sortes d'inslrumens.
La lunclte parallalique ou équatorial, au sieur Mejnier (ou Mégnié) qui a déjà remporté le prix de l'Académie dans le concours proposé pour les inslrumens d'Astronomie.
Une avance de 8000 livres devait être faite aux constructeurs. La dépense totale, évaluée d'après les prix des inslrumens anglais, devait s'élever à 24000 livres.
La lunette parallalique ne paraît pas avoir été même commencée, nous allons voir pourquoi.
Les conditions de construction du cercle entier furent réglées par un traité entre Cassini et Lenoir à la date du 1 5 janvier 1785 {Arch, de l^Obs., D. 5.4o). Celui-ci s'engage : 1° à construire pour
rObservaloire de Paris un cercle entier de 18 pouces de rayon dans la forme, proportions et dimensions qui lui seront indiquées et prescrites par M. le chevalier de Borda qui a bien voulu promettre de diriger l'exécution du dit instrument; 2® à livrer Tinstrument fait et parfait vers le commencement de l'année 1 786.
Cassini de son côté fournira à Lenoir les cuivres de l'espèce, qualités, dimensions et proportions propres à la construction de l'instrument et lui paiera d'avance une somme de i 5oo livres.
Mais Lenoir avait négligé de se faire recevoir maître fondeur. Au mois de juillet 1786, les syndics de la corporation des fondeurs faisaient chez lui une descente et saisissaient une partie de ses outils, tous les morceaux de cuivre des instruments finis et ébauchés et lui faisaient payer 36 livres pour frais de saisie. Les archives de l'Observatoire conservent la lettre désespérée que ce constructeur écrivit à ce sujet à Cassini. Les démarches de celui-ci auprès du lieutenant-général de police Lenoir, l'intervention de ce magistrat et celle de M. de Breteuil lui-même eurent bientôt arrêté les effets de ce genre d'inquisition. C'est à ce moment que Cassini conçut l'idée d'affranchir les artistes en instruments d'Astronomie de la tyrannie des corporations et que, de concert avec Bailly, il fil adopter par le Gouvernement la création d'un corps d'ingénieurs en instruments de mathématiques qui devaient tenir leur nomination de l'Académie elle-même (* ).
Malgré les termes de son traité, malgré sa nomination d'ingénieur en 1787, Lenoir en 1793 n'avait pas encore livré l'instrument qu'il s'était chargé de construire. Il faut dire, écrit Cassini, pour la justification de l'artiste,
« Que dès Tannée 1790 Tinstrumentse trouvait déjà tout assemblé, monté sur son pied et garni de ses deux lunettes. Il ne restait plus qu*à porter la division sur le limbe du cercle et à monter les différentes pièces nécessaires au mouvement et à la vérification. Le chevalier de Borda s'était chargé de
( * ) Voir Mémoires pour servir. . . . Des encouragemens à donner aux ingénieurs en instrumens de Mathématiques ^ p. 86 et pièces justificatives, p. 217. Voir aussi en tète des Mémoires de V Académie pour 1787 : Lettres patentes du Roi, portant établissement d'un Corps d'ingénieurs en instrumens d'optique de physique et de mathématiques, données à Versailles le 7 février 1787, registrées au Parlement le 19 mai au dit an. Les premiers ingénieurs nommés furent Lenoir, Carochez, Fortin, Charité, Baradelle l'alné et Billiaud (ou Billaux). Ces nominations furent faites en 1787.
surveiller cette dernière partie d*exécution, sur laquelle il avait promis de communiquer de nouvelles idées : mais cet académicien fut d'abord longlems détourné de cet objet par les travaux de la Commission des poids et mesures, auxquels on sait qu'il a eu la plus grande part. Les expériences qu'il fît ensuite avec moi sur la longueur du pendule, ne lui permirent pas de s'occuper d'autre chose. Enfin M''Lenoirfut obligé de se livrer entièrement à la construction des instrumens nombreux que nécessitèrent ces diverses opérations, surtout celle de la nouvelle mesure du méridien. Il était tout simple que ces travaux fussent confiés au plus habile de nos artistes. Moi-même, je ne trouvais pas mauvais qu'il négligeât pendant quelque tems l'instrument de l'Observatoire pour des objets plus urgens, bien sûr qu'il m'en dédommagerait aussitôt qu'il serait plus libre. Mais sur ces entrefaites, je quittai l'Observatoire, laissant à mes successeurs une belle collection d'instrumens tant faits que commencés, commandés et en partie payés. J'apprends (en 1810) que le cercle de 3 pieds est encore chez M*^ Lenoir, et que l'on n'a pas jugé à propos de le faire terminer. » (Gassini IV, Mémoires pour servir. . ., p. 4o.)
La construction du grand quart de cercle mural subit des péripéties plus singulières encore. Aucun des artistes français n'était assez grandement outillé pour entreprendre, seul et sans appui, la construction d'un instrument pareil à ceux que Bird, Jonathas Sisson et Ramsden exécutaient couramment en Angleterre.
f Voici, dit Gassini (Mémoires pour servir,,., p. 6) le plan que je proposai au Ministre. Nos artistes, lui dis-je, sont pauvres; aucun d'eux n'est en état de faire les dépenses suffisantes pour établir les machines et se procurer les moyens propres à fabriquer les instrumens avec plus d'exactitude, de promptitude et à moins de frais ; c'est donc au Gouvernement à y suppléer. Etablissez à l'Observatoire un grand atelier où se construiront et où l'on établira toutes ces grandes machines de première fabrication. Elles nous serviront d'abord pour les instrumens qu'il nous est indispensable de nous procurer ; elles donneront lieu de plus à exercer et à former des ouvriers. Nos travaux finis, vous les mettrez à la disposition des artistes pour les besoins du public et des étrangers. Si vous voulez calculer le prix de ces avances, de ces premiers frais, vous les trouverez modiques, quels qu'ils soient, lorsque vous évaluerez aussi les avantages qui en résulteront par la suite; savoir, vos artistes exercés, vos moyens de construction facilités, accélérés, perfectionnés, votre commerce plus étendu, et la conservation de votre argent, qui ne passera plus, comme à présent, chez l'étranger. »
M' de Breteuil ajant accepté le plan de Gassini, celui-ci signa, vers le milieu de janvier 1785, avec Charité, un engagement en
>crtu duquel l'artiste devait construire, dans un atelier créé à l'Observatoire et avec des outils fournis par rétablissement, un cercle identique à celui de Bird, que possédait TEcole militaire. Mais quelques jours plus tard, le 18 janvier, Charité
(( Ayant consulté sur l'entreprise qu'il va faire des personnes qui Tho* norent de leur bonté, eljes ont pensé que le traité fait sous-seing privé n'était pas suffisant pour faire son sort tel qu'il l'espérait, et voici, d'après leurs observations, l'a peu près des conditions sans lesquelles le sieur Charité n'acceptera jamais une entreprise aussi épineuse qui, bien loin de lui assurer une fortune honnête qu'il est en droit d'espérer, ne servirait qu'à le ruiner sans ressource. » (Arc/i. de rObs,, D.5.39. )
Ces conditions étaient :
1° Que Charité serait établi et logé à l'Observatoire, lui et les siens, par brevet du Roi, avec le titre d'ingénieur pour les instruments d'Astronomie, et a\ec l'assurance de jouir sa \ie durant de son logement et de son atelier, même sous les successeurs du Directeur actuel ;
li® Que les outils qu'il aurait fait faire pour la construction du grand quart de cercle mural resteraient sa propriété : a car il n'entreprendrait certainement pas cette construction s'il n'espérait en faire d'autres par la suite qui le dédommageraient des peines et des pertes que cet épineux établissement lui coûtera ».
De telles prétentions, et surtout la condition du brevet d'un logement à perpétuité dans l'Observatoire, qui aurait rendu le titidaire indépendant du Directeur, ne pouvaient être acceptées. Le 21 janvier, Cassini déclare à Chîirité que
« Le ministre croit avoir assez fait pour les artistes français, pour qu'ils fussent dans le cas de lui avoir des obligations et non de lui dicter des conditions autres que celles qui étaient portées dans son premier engagement Il le dégage entièrement de sa parole et regarde comme non
avenu le traité qu'il avait signé. »
Cassini avait sous la main un autre artiste qu'il savait devoir être plus docile; c'était Mégnié, le même auquel il avait commandé Téquatorial et qui lui était chaudement recommandé par Lcilande.
« Je suis enchanté, Monsieur le comte, d'apprendre que vous n'êtes pas éloigné d'employer M*" Mégnié pour votre grand mural; j'ai toujours cru