‹ Histoire de l'OpéraChapitre 15 sur 35 · MELLE BIGOTTINI · texte numérisé non relu

MELLE BIGOTTINI

son ouvrage achevé, il eut l'esprit de se faire protéger près de l'administration, par l'Impératrice Joséphine. Sans cette aide, jamais la Vestale n'aurait franchi les chevaux de frise que le chef du chant Persuis et le chef d'orchestre Rey oppos.iient aux compositeurs nouveaux pour protéger le Sanctum sanctorum de la tragédie lyrique. L'effet produit par la Vestale^ après un an de remaniements et de répétitions, déjoua tous les complots. L'Empereur avait jugé et approuvé d'avance l'œuvre de Spontini, dans une audition spéciale, et il avait prédit à l'auteur un grand succès. Chaque morceau dt la Vestale fut salué par le public comme un chef-d'œuvre, surtout à partir du second acte. Le duo entre Liciniuset Ginna, la prière de Julia, le grand final : « Détachons ces bandeaux, ces voiles imposteurs! » la marche au supplice rappelèrent les triomphes de Gluck. Licinius était joué par Lainez, Ginna par Lays; madame Branchu créait d'une façon admirable le rôle de Julia et mademoiselle Maillard faisait la grande vestale.

Le 28 novembre 1809, Spontini fut moins heureux avec son Fernand Corte:{^ autre chef-

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d'œuvrj qui ne fut pas compris tout d'abord. La scène de la révolte, l'air d'Amazili, chanté pourtant par madame Branchu, le duo entre Amazili et Telasco : « Un asile te reste encore, » passèrent inaperçus. La mise en scène elle-même et les vingt chevaux de Franconi qui accompagnaient le conquérant du Mexique ne purent captiver l'auditoire. Un plaisant proposa, après la représentation, d'écrire sur la porte de l'Opéra : « Ici ^on chante à pied et à cheval. y> U fallut sept années de répertoire pour faire admettre ce bel ouvrage qui était monté pourtant avec un grand soin et où Lays et Lainez jouaient les rôles de Telasco et de Fernand Cortez.

En 1 8 14 et en 18 16, on représenta à l'Académie impériale, devenue royale, deux opéras de circonstance où Spontini avait collaboré avec Berton, Persuis et Kreutzer. C'étaient : Pelage ou le roi de la Paix^ suivi de Vive Henri IV! chanté par le sans-culotte Lays, et les Dieux rivaux ou les Fêtes de Cythère^ pour célébrer le mariage du duc de Berry. En 181 9, on joua Olympie^ le dernier ouvrage parisien du maître qui n'eut que douze soirées et qui fut très maltraité par

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la critique. Spontini , qui entendait répéter tous les jours par de mauvais plaisants que le musicien d' 0/;^mp/e n'était pas le véritable auteur de la Vestale et de Fernand Corte^^ se fâcha tout rouge et partit pour Berlin où le roi de Prusse le nomma surintendant de sa musique. Le premier usage que fit de son pouvoir cet homme, qui avait tant souffert de l'injustice, fut d'écarter le Freischut^ de Weber, depuis un mois en répétition,pourlui substituer son Oljrmpie. Olympie ne réussit pas mieux à Berlin qu'à Paris. Le Freischut:^ la fit rentrer sous terre.

Le reste de la période que nous examinons affiche quelques grands noms, mais pas un seul grand ouvrage qui mérite ce titre. Les Abencerr^r^e^ de Cherubini en i8i3, son Ali-Baba en i833, VAstyanax de Kreutzer, V Adrien de Méhul, la Sémiramis de Catel réussirent faiblement. UAladin de Nicolo n'eut un grand nombre de représentations que grâce aux évolutions du ballet et surtout au talent de la première danseuse, mademoiselle Bigottini.

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